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TABLEAU DE L’ÉTAT DES SCIENCES
ancienne, mais ils devaient servir à fonder l’astronomie mo-derne, lorsqu'ils auraient été mis, après la mort de Kopernik et de Tj'cho, à la disposition d’un architecte habile. Cet archi-tecte fut Keppler .
Iveppler était élève de Mœsllin, professeur de mathéma-tiques à Tubingue et astronome de quelque réputation. Il adoptade bonne heure le système de Kopernik , et des dissertationssur le double mouvement de la terre furent ses premiers essaisen astronomie. A l’âge de vingt-cinq ans, il composa sonMysterium cosmographicum , ouvrage sur les rapports et lesproportions des orbites des corps célestes, qui fit sa réputation.Tvcho-Brahé, retiré à Prague , désira avoir Keppler pourcollaborateur. Il l’attira près de lui et lui fit donner une pen-sion, avec le titre de mathématicien de l'empereur. A la mortde Tycho, Keppler , chargé de la continuation des tables lladol-gilmies, lui succéda, et devint le dépositaire de ses instrumentset de ses registres d’observations. Si le successeur de Tychoeût été un autre astronome que Keppler , ce qui pouvait arri-ver, nous n’aurions peut-être pas encore les trois grandes loisastronomiques; car les faits isolés, quelque précis et en telnombre qu’on les suppose, ne conduisent guère à la détermi-nation des lois générales de la nature que les hommes doués,comme Keppler , d’un génie profond, secondé par une imagina-tion féconde. Comme nous consacrons dans ce volume une bio-graphie détaillée à cet astronome, nous renvoyons à cette partiede notre ouvrage l'analyse des découvertes d’ensemble et dedétail que Keppler réalisa dans l’étude du ciel.
C’est par la découverte de la loi de la pesanteur, par l’in-vention du pendule, et par celle de la lunette astronomique,que Galilée inaugura la grande méthode expérimentale, queFrançois Bacon recommandait à titre de simple amateur. Cetteméthode, qui consiste à interroger sans cesse la nature parl’expérience, l’observation et le calcul, doubla les forces del’esprit humain et agrandit indéfiniment l’espace où s’étaientrenfermées jusque-là ses investigations.
En 1609, Galilée était professeur à Padoue , lorsque lanouvelle se répandit qu’un instrument, au moyen duquel lesobjets éloignés, vus distinctement, paraissaient beaucoup plusrapprochés, venait d’être inventé en Hollande. Aussitôt Galilée