AU DIX-SEPTIEME SIECLE
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sur quelques indications qu'il recueille, car il n’avait pas en-core vu cet instrument, se met à l’œuvre. Comme il sait quel'instrument est composé de deux lentilles de verre disposéesdans un tube, il combine et dispose de diverses façons lesdeux verres. Il parvient à construire une lunette qui donnedes images trois fois plus grandes que les objets vus à l’œil nu.Encouragé par ce premier succès, il essaie de nouvelles combi-naisons, et bientôt il obtient un télescope qui amplifie jusqu’àtrente fois la grandeur de l’objet. C’est ainsi que Galilée entradans la longue et admirable série de découvertes astronomiquesque nous raconterons avec détails dans sa biographie.
Kcppler et Galilée avaient posé les véritables fondements del’astronomie moderne, et avaient montré, l’un par des consi-dérations philosophiques de l’ordre le plus élevé, l'autre parles plus heureuses applications de la méthode expérimentale,la voie dans laquelle il fallait désormais s’engager en astro-nomie. Leurs contemporains et leurs successeurs entrèrentenfouie dans cette voie; les découvertes se multiplièrent, etl’astronomie marcha à pas de géant. Nous ne citerons guère icique les idées nouvelles et les faits importants qui ont servià étendre ou à éclairer le domaine de l'astronomie.
Après avoir achevé ses tables Rudolphines, Keppler s’étaithâté de calculer les époques où Vénus et Mercure effectueraientleur passage sur le disque solaire, et de les annoncer au public.Le 7 novembre 1G31, Gassendi observa sur le disque solaire unpoint noir, qu’il prit pour une tache. Lorsqu’il reconnut saméprise, le point noir, qui était Mercure lui-même, était déjàprès du bord du disque, et il ne put l’observer avec soin qu’aumoment de sa sortie. Le calcul de Keppler , relativement àMercure, se trouva ainsi vérifié par l’observation de Gassendi .Il n’en fut pas de même relativement à Vénus. Son passage surle disque solaire fut vainement attendu le G décembre de lamême année. Gassendi et beaucoup d’autres sans doute obser-vèrent pourtant ce jour-là le disque solaire avec beaucoup desoin; mais le phénomène ne se produisit pas.
Gassendi , dont le nom se présente fréquemment dans l’his-toire des sciences modernes, et qui a partagé avec Descartes la gloire d’avoir fondé en France une philosophie nouvelle,était le fils d’un paysan des environs de Digne . Il était né le