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TABLEAU I)E I/ÊTAT DES SCIENCES
tion de la force. Il ne s’arrête point devant l’autorité d’Aristote ,et lorsque, parmi les solutions des questions mécaniques pro-posées par l’oracle des péripatéticiens, il en trouve qui luisemblent fausses ou douteuses, il prend la liberté de les réfu-ter. Ses idées sur le système du monde étaient judicieuses, etil faisait le plus grand cas de celles de Kopernik . Il avait ob-servé que, dans l’atmosphère, le chemin que suit la lumière estcurviligne. Il prouva, en outre, par les solutions de diversproblèmes, qu’il possédait parfaitement l’analyse géométriquedes anciens.
Stevin , mathématicien du prince d’Orange et ingénieur desdigues de Hollande, eut un véritable génie pour la mécanique.Dans un ouvrage publié en 1585, il enrichit la statique etl’hydrostatique d’un grand nombre de vérités nouvelles. Lepremier, il reconnut le vrai rapport de la puissance au poidssur un plan incliné. Il détermine ce rapport pour tous les cas, etquelle que soit la direction de la puissance. Il traite, dans sonouvrage, une foule de questions mécaniques, telles que les rap-ports des charges soutenues par deux forces qui portent unpoids à des distances inégales, et de l’effort que fait, contre lespuissances qui le soutiennent, un poids suspendu par plusieurscordes. Il fait, dans les solutions qu’il donne, un fréquent usagedu principe qui sert de base à la mécanique de Varignon . Ceprincipe, quant au fond, reposait sur celui du parallélogrammedes forces, dont on ne pouvait encore sentir toute la fécondité.Dans son hydrostatique, Stevin n’est pas moins original quedans sa statique. Il examine la pression des fluides sur lessurfaces qui les soutiennent, et il fait voir qu’elle est toujoursreprésentée par le produit de la base par la hauteur. 11 établitpar l’expérience et par un raisonnement ingénieux, fondé sur lanature des fluides, qu’un fluide renfermé dans un vase décrois-sant par en haut, exerce contre le fond le même effort que lile vase était partout uniforme. Stevin mourut en 1033.
Nous entrons, avec Galilée , dans le dix-septième siècle. Ilne faut souvent, en astronomie, comme dit Delambre, que debons yeux et de bonnes lunettes pour faire des découvertes ;mais en mécanique, pour résoudre des questions difficiles quise présentent pour la première fois, il est nécessaire d’êtredoué d’une grande sagacité. Les premiers travaux de Galilée ,