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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
« Je vous en supplie, si une place est vacante à Tubingue . faites ensorte que je l'obtienne; faites-moi savoir le prix du pain, du vin et desnécessités de la vie ; car ma femme n’est pas habituée à se nourrir defèves ».
Mœstlin'iie put réussir à lui trouver aucun emploi àTubingue .
Il résistait, en même temps, avec une fermeté cligne, auxinstances qu’on lui faisait pour trouver quelque accommode-ment de conscience qui lui permît d’aller reprendre sa placeen Styrie . Il écrivait au conseiller Ilerwad :
« Je suis chrétien, attaché à la confession d’Augsbourgparun examenapprofondi de la doctrine, non moins que par l’instruction reçue de mesparents. C’est là ma foi; j’ai déjà souffert pour elle, et j'ignore l’art dedissimuler. La religion est pour moi une affaire sérieuse que je ne puistraiter légèrement. »
Tycho-Brahé , avec lequel il était en correspondance, lui avaitrenouvelé l'invitation d’aller le joindre à Prague , offrant departager ensemble tous les avantages dont il jouissait lui-même, grâce aux bienfaits de l’empereur d’Allemagne . Cettefois, l’invitation fut acceptée. En 1600, Iveppler se rendit àPrague avec sa femme.
Tyclto l’accueillit avec toutes les marques de la plus sincèreamitié; mais, dans les premiers entretiens qu’ils eurent en-semble, Iveppler remarqua, avec chagrin, que Tycho évitaitde lui communiquer ses vues générales et le plan d’après lequelil se dirigeait dans ses recherches. Il lui sembla que le rôlequ’on lui réservait était celui d’un simple observateur, celuid’un employé, plutôt que celui d’un collaborateur. Cette défiancemutuelle amena, entre les deux astronomes, une sorte de re-froidissement qui nuisit à leurs travaux. Il faut dire aussi queIveppler, en arrivant à Prague , était atteint déjà d’une maladiequi dura sept mois, et qui dut l’empêcher de se livrer à sestravaux d’une manière suivie (1).
Tycho-Brahé lui avait promis de beaux honoraires, mais on nelui comptait presque rien. Comme il lui fallait de l’argent pourvivre, il en faisait demander par sa femme à Tycho, qui le don-
(1) Saverien : Vies des philosophes illustres. Kepler.