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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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JEAN KEPPLEIÎ

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clans le diplôme de chevalier que lempereur Sigismond avaitaccordé à Rome à un de ses aïeux.

Avant ainsi justifié de ses qualités, Iveppler épousa, en 1597,la belle Barbara de Muller, veuve d'un premier mari, et quiavait divorcé avec un second époux. Cette union, comme onle verra plus loin, ne fut pas heureuse.

Dans la Styrie , la population était alors divisée en protes-tants et en catholiques. Ces derniers étant les plus nombreuxet les plus animés, des troubles devenaient inévitables. Eneffet, vers la fin de b 'année 1599, les persécutions commen-cèrent contre les protestants. On menaçait de chasser du col-lège et de la ville de Graetz tous les professeurs apparte-nant au culte réformé. Alarmé de ces rumeurs, Iveppler par-tit de Graetz, avec sa femme. Il allait chercher en Hongrie unasile oii il put suivre librement son culte religieux et se livreren paix à iétudo de la philosophie naturelle.

Il passa un an en Hongrie : au bout de ce temps, il futrappelé à Graetz et rétabli dans sa chaire, à la condition qu'ilsy montrerait prudent et réservé (O.

Cependant les troubles religieux ne s'apaisent pas aisément.En Styrie , le calme n'avait pas entièrement succédé à de silongs orages. Des haines, qui nétaient quassoupies, se réveil-laient à la moindre occasion et remettaient en question toutesles positions acquises par les protestants. Iveppler, qui aimaitavant tout la tranquillité, ne put supporter plus longtemps cetétat dincertitude et dagitation. Il prit la résolution daban-donner son poste et de séloigner de Graetz. Daprès M. Ber-trand, cette résolution naurait pas été volontaire^ il auraitété formellement banni de Graetz, pour avoir refusé dabjurerle protestantisme.

Le même auteur ajoute quon naccorda que quarante-cinqjours au professeur banni pour vendre ou affermer les terresde sa femme. Sans doute ces biens ne purent être vendusquà vil prix, car Keppler, à partir de ce moment, se trouvatotalement ruiné.

Dans cette situation, plein dinquiétude pour l'avenir de safamille, il.écrivait à Mœstlin :

(1) BertrauJ : Les fondateurs de fastronomie moderne . Kepler, page 12-1.