JEAN KEPPLEIÎ
57
clans le diplôme de chevalier que l’empereur Sigismond avaitaccordé à Rome à un de ses aïeux.
Avant ainsi justifié de ses qualités, Iveppler épousa, en 1597,la belle Barbara de Muller, veuve d'un premier mari, et quiavait divorcé avec un second époux. Cette union, comme onle verra plus loin, ne fut pas heureuse.
Dans la Styrie , la population était alors divisée en protes-tants et en catholiques. Ces derniers étant les plus nombreuxet les plus animés, des troubles devenaient inévitables. Eneffet, vers la fin de b 'année 1599, les persécutions commen-cèrent contre les protestants. On menaçait de chasser du col-lège et de la ville de Graetz tous les professeurs apparte-nant au culte réformé. Alarmé de ces rumeurs, Iveppler par-tit de Graetz, avec sa femme. Il allait chercher en Hongrie unasile oii il put suivre librement son culte religieux et se livreren paix à i’étudo de la philosophie naturelle.
Il passa un an en Hongrie : au bout de ce temps, il futrappelé à Graetz et rétabli dans sa chaire, à la condition qu'ils’y montrerait prudent et réservé (O.
Cependant les troubles religieux ne s'apaisent pas aisément.En Styrie , le calme n'avait pas entièrement succédé à de silongs orages. Des haines, qui n’étaient qu’assoupies, se réveil-laient à la moindre occasion et remettaient en question toutesles positions acquises par les protestants. Iveppler, qui aimaitavant tout la tranquillité, ne put supporter plus longtemps cetétat d’incertitude et d’agitation. Il prit la résolution d’aban-donner son poste et de s’éloigner de Graetz. D’après M. Ber-trand, cette résolution n’aurait pas été volontaire^ il auraitété formellement banni de Graetz, pour avoir refusé d’abjurerle protestantisme.
Le même auteur ajoute qu’on n’accorda que quarante-cinqjours au professeur banni pour vendre ou affermer les terresde sa femme. Sans doute ces biens ne purent être vendusqu’à vil prix, car Keppler, à partir de ce moment, se trouvatotalement ruiné.
Dans cette situation, plein d’inquiétude pour l'avenir de safamille, il.écrivait à Mœstlin :
(1) BertrauJ : Les fondateurs de fastronomie moderne . Kepler, page 12-1.