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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE

trois de ses enfants. Quelle triste destinée ! Et pourquoi faut-ilque l'histoire nous montre toujours les plus beaux génies enproie, pendant leur court passage en ce inonde, aux plus ter-ribles coups de ladversité !

A tant de malheurs qui laccablaient, venaient se joindre desennuis quil aurait facilement combattus sans doute, sils eussentété seuls, mais qui, sajoutant à toutes ses tortures morales, encomblaient la douloureuse mesure. Cétait dabord lempereurRodolphe, qui voyait dun mauvais œil son astronome patentése laisser absorber par la science pure et consacrer à ses cal-culs un temps quil aurait employer à des pronostics astro-logiques. Cétaient une foule de seigneurs et de barons, avidesdhoroscopes, et qui le fatiguaient de leurs obsessions. Malaccueillis dans leurs demandes continuelles de prédictions as-trologiques, les courtisans de Rodolphe II ne cessaient de dé-blatérer contre le gros traitemen t alloué à Keppler .

Ce traitement, que lon reprochait à Keppler , était dailleursfort mal payé. Les arrérages qui lui étaient dus en 1013, semontaient à douze mille écus. Même lorsquil voyageait à lasuite de l'empereur, il navait pour vivre que le produit de sespetits almanachs, qu'il faisait vendre, ou quil vendait lui-même, et des quelques horoscopes quil consentait à tirer pourles seigneurs de la cour. Voilà le rôle que les caprices de lafortune et lignorance des hommes assignaient à lun des plusgrands génies des temps modernes !

Keppler conserva son emploi sous l'empereur Mathias, suc-cesseur de Rodolphe II . En 1013, il fut appelé à la diète deRatisbonne pour régler la correction du calendrier grégorien.Il plaida la cause de la réforme grégorienne, et lon sait quilparvint à la faire triompher.

Ce fut pour laslronome de Linz un moment de bonheur, unelueur de gloire, que davoir attaché son nom à une réforme quifera époque dans les annales de la civilisation. Mais, à sonretour de Ratisbonne , sa vie recommença à être troublée parles contrariétés, par les chagrins et par la misère. Ses appoin-tements dastronome de la cour étaient toujours mal payés,ou même ne létaient pas du tout, et ses moyens dexistence,qui consistaient, comme nous lavons dit, dans la vente de sesalmanachs, devenaient de plus en plus précaires. Il se vit donc