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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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JEAN KEPPLEIÎ

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Il est certain que, sans lintervention de Keppler et la con-sidération quinspirait son mérite, la pauvre femme auraitsubi le dernier supplice, car les griefs quon alléguait contreelle avaient suffi pour faire allumer bien dautres bûchers,même dans lAllemagne protestante et savante. CatherineKeppler avait, dailleurs, aggravé sa position par son attitudehautaine devant le tribunal. Outrée de limpertinente absurditédes questions qui lui avaient été adressées par le juge, ellesétait faite accusatrice à son tour, et avait reproché avecmépris, à ce juge lui-même, sa fortune mal acquise.

La sentence fut enfin prononcée. Elle portait que la mèrede Keppler ne serait pas appliquée physiquement û la torture,mais qu'elle la subirait moralement.

Conformément à la décision des juges, le bourreau terrifiala vieille femme en lui présentant, pièce par pièce, les instru-ments de torture, le chevalet, les fers rouges, lestrapade, etc.,et en lui expliquant, en même temps, leur mode daction etlaccroissement progressif des douleurs. Les procès de sor-cellerie se terminaient quelquefois par ce moyen comminatoire.Laccusé, tout en étant absous, devait rester sous limpressionde la terreur des supplices.

La vieille femme résista avec énergie à tous ces moyensdintimidation. Elle fit cette dernière déclaration : « Je diraisau milieu des tourments : Je suis une sorcière, que ce seraitun mensonge. »

La mère de Keppler put donc enfin sortir de prison. Ellemourut deux ans après.

Keppler, de retour à Linz , ne put remonter dans sa chaire.Laccusation de sorcellerie portée contre sa mère et le longprocès qui sen était suivi avaient laissé contre lui les plus dé-favorables impressions. Ses ennemis laccablaient publiquementde linjurieuse épithète de fils de sorcière. Telle était la forcedes préjugés et de lignorance de ces temps, quil ne pouvaitsortir de chez lui sans être exposé aux plus graves insultes. Ilfut donc obligé de quitter la ville.

Sans aucun moyen dexistence, quallait devenir le malheu-reux Keppler, avec sa femme et ses enfants? Quelques amislui procurèrent les ressources dont il avait besoin pour quitterla ville de Linz . Vingt ans auparavant, sa vie avait été troublée,