J K AN KEPPJ.EK
81
plus exactes qu’on pùt employer; et, pour la partie elliptique,elles servent encore de modèle à nos tables actuelles.
Les Ephémérides , que Iveppler calculait sur ces tables, luifirent voir que Mercure et Vénus devaient passer sur le disquedu soleil en 1031. Il en donna avis aux astronomes, par un écritintitulé : Admonitio ad curiosos rerum cœlestium, de ravismirisque anni 1631 phænomenis, Veneris puta et Mercurii insolem incursa.
Pin 1010, Iveppler fît paraître, à Linz , l’ouvrage qui a pourtitre Ilarmonices mundi ïibri quinque, geometricus, archi-teclonicus, harmonicus, psychologicus, astronomicus, cum ap-pendice conlinens mysterium cosviographicum , c’est-à-direConcert du monde géométrique, architectonique, harmonique ,psychologique, astronomique, en cinq livres, avec un supplé-ment qui contient le mystère cosmographique. Ce titre est unpeu long, mais il a l’avantage de donner d’avance une idéegénérale des divers points de vue dont l’auteur a envisagé sonsujet.
Voici quelle fut l'occasion de cette production nouvelle.
Iveppler croyait que Dieu n’avait rien produit sans y atta-cher une beauté géométrique (1), et que les formes parfaitesétaient celles que le Créateur avait choisies pour composerles mondes, ou plutôt, comme toutes ces formes lui sem-blaient avoir leur type dans l’entendement divin, il crov’aitque la géométrie était un rayon de l’intelligence suprême.« L’homme, disait-il, en inventant la géométrie, s’est élevéaux idées que Dieu peut se former de la perfection (2). »
On connaît l’opinion attribuée à Pythagore et à Platon surles propriétés mystérieuses des nombres. On peut reprocher àIveppler de s’y être un peu trop laissé entraîner. Plein de res-pect pour la philosophie antique, il passa plusieurs années àchercher et à combiner entre eux des rapports numériques,s’arrêtant de temps à autre pour méditer sur les combinai-sons qu’il avait produites, et pour en comparer les résultats auxmouvements célestes. Vojmnt les planètes accomplir autourdu soleil des révolutions d’autant plus longues que les orbites
(1) Ilarmonices mundi , îib. I et Y.
(2) Ibit, } lib. I.