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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
qu’il est beaucoup moins éloigné de nous que les étoiles. Le so-leil tourne sur lui-même, comme doivent tourner toutes lesplanètes. Keppler pense que les comètes sont des corps suscep-tibles de dilatation et de condensation, qui traversent l’étheren ligne directe. Mais la matière dont elles sont composéespeut se dissiper dans l’espace, comme semble le prouver leurqueue, qui est un écoulement de leur substance, et cet écoule-ment, causé parles ra 3 r ons solaires, se fait dans la partieopposée au soleil. La densité de l’éther est beaucoup moindreque celle de l’air, etc.
Keppler réduisit la parallaxe du soleil à une minute, au lieude trois que lui donnaient les anciens, et par là, il tripla la dis-tance du soleil à la terre.
Nous passons sur beaucoup d’idées où l’astronomie se mêleun peu trop à la métaphysique, bien qu’Arago ait dit, non sansraison, « que les prévisions d’un homme de génie ne doiventjamais être entièrement dédaignées ».
Les Tables Rudolphines {J. Kepleri Tabule JluclolpMne,qnibus astronoviice scientie, etc.), véritable monument élevéà la gloire de Tycho , parurent à Ulm , en 1C27, vingt-six ansaprès la mort de l’astronome danois. Ce sont les premières ta-bles dans lesquelles le calcul des logarithmes ait été employé.Le nom de Tabule Rudolphinæ , que porte ce recueil, est unhommage rendu à l’empereur Rodolphe II , qui avait été leprotecteur de Tycho-Brahé et de Keppler .
Tycho les avait commencées, suivant un système astrono-mique qui n’était ni celui de Kopernik ni celui de Ptolémée .D’après ce système, le soleil est le centre des révolutions detoutes les planètes, à l’exception de la terre et de la lune. Laterre est toujours immobile au centre du monde, la lune etle soleil tournent autour d’elle. Mercure, Vénus, Mars, Jupiter ,Saturne tournent autour du Soleil , pendant que le Soleil con-tinue lui-même à faire sa révolution autour de la Terre . Cen’est là tout au plus qu’une ingénieuse fiction. Tycho tenait àce que ces tables fussent continuées suivant son système, etquelques moments avant sa mort, il en fît la prière à Keppler :« Mon cher Jean, lui dit-il, puisque tu attribues à l’influenceattractive du Soleil ce que j’attribue, moi, aux planètes elles-mêmes, lesquelles cèdent à cette influence, comme on se laisse