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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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JEAN KEPPLER

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entraîner volontiers vers tout ce qui flatte, je te prie de dé-montrer dans mon hypothèse tout ce que tu aurais à cœur dedémontrer dans celle de Kopernik (1). »

Mais Keppler, après la mort de Tycho, mis en possession deson précieux recueil dobservations, et continuant à méditersur le système de Kopernik , fit bientôt des découvertes quiléloignèrent de plus en plus du système éclectique de Tycho. Ona vu, dailleurs, précédemment, que la vie de Keppler était con-tinuellement troublée par ie soin de pourvoir à la subsistancede sa famille. Le travail des Tables navançait quavec beaucoupde lenteur. A la fin, les héritiers de Tyclio, qui devaient par-tager le prix de ce travail, se plaignirent de ce que Keppler ,au lieu de songer à la publication des Tables, emploj'ait sontemps à des recherches de physique et à de vaines spéculations.Un ancien ami des enfants de Tyclio, Longomontanus , se fitlinterprète de leurs plaintes et de leurs reproches. Fils dunlaboureur danois, Longomontanus , en travaillant à la culturedes champs, sétait passionné pour létude du ciel, et avait étéreçu, en 1589, parmi les disciples de Tyclio-Brahé. Il de-vint un habile observateur et un astronome célèbre. Mais,fidèle aux premières impressions, dit Bailly, il conserva lesopinions de son maître. Comme il avait suivi Tycho à Prague ,il connut Keppler , se lia intimement avec lui, et bien quil luifût très-inférieur en science et en génie, il se maintint à sonégard sur le pied d'une parfaite égalité.

Interprète des héritiers de Tycho, Longomontanus écrivit àKeppler une lettre dans laquelle, après lavoir qualifié d 'hommetrès-docte et de vieil ami , il laccusait de porter un zèle exa-géré dans la réfutation des théories de Tycho, de se laisserdistraire des occupations de sa charge par la passion de toutcritiquer, et de briser, en attaquant les travaux de ses amis,les liens daffection qui les unissaient à lui.

« Si mes occupations me lavaient permis, continue Longomontanus ,jaurais été à Prague exprès pour men expliquer avec toi. Mais de quoidonc tapplaudis-tu tant, mon cher Keppler?... Tout ton travail repose

(1) « Quceso te,mi Joannes, ut quando quod tu soli pellicienti, ego ipsis planetisultro affectantibus, et quasi adulantibus tribuo, velis eadem omnia in mea demons-trave hypotliesi, quæ in Coperniana declarnre tibi est cordi. » Gassendi , de Vita Ty-chonis, lib V, p. 208.