Buch 
4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
Seite
97
JPEG-Download
 

GALILEE

91

une leçon publique de Mœstlin, le maître de Keppler . Telle estl’opinion qu’ont adoptée plusieurs écrivains, entre autres La-place. Mais on peut répondre que s’il en eût été ainsi, des rap-ports de mutuelle bienveillance, semblables à ceux qui existaiententre Mœstlin et Keppler , se seraient établis entre Mœstlin etGalilée , et que, dans ce cas peut-être, Mœstlin ne se serait pasexprimé, sur le compte de Galilée , en termes dédaigneux,comme il l’a fait dans une lettre adressée à Keppler . Tout porteà croire, au surplus, que Galilée , encore jeune, ne se décidaentre le système de Ptolémée et celui de Kopernik , qu’aprèsavoir mûrement examiné les raisons et les faits qu’on alléguaitde part et d’autre.

Avant lui, d’ailleurs, des écrivains qui ne manquaient ni delumières ni d’audace, avaient essayé de briser, dans l’astronomie,le joug de la scolastique. Vers l’époque de la naissance deGalilée, Benedetti écrivait contre Aristote . Il prouvait que di-verses propositions formulées dans la Mécanique du chef despéripatéciens, sont fausses. Il démontrait, parle raisonnement,que tous les corps tombent de la même hauteur dans des tempségaux, idée que Galilée développa plus tard, et qu’il poussabien plus loin, en montrant que, dans la chute des corps, lesvitesses sont proportionnelles aux temps, et que les espaces queparcourt librement un corps qui tombe, sont entre eux commeles carrés des vitesses. Ces propositions sont la base de la dy-namique, science que Galilée créa à l’âge de vingt-cinq ans.

Avant Galilée , un autre savant avait entièrement secoué lejoug de la scolastique; aussi fut-il brûlé à Rome , en IGOO. C’étaitJordano Bruno. L’univers, suivant Jordano Bruno, se composed’innombrables mondes solaires, analogues à celui dans lequelnous existons. Autour de chaque soleil gravitent diverses pla-nètes, comme gravitent, autour de notre soleil, Mercure, Vénus ,la Terre , Mars, etc. Nous ne pouvons apercevoir, à cause de leurgrand éloignement, les planètes qui gravitent dans les autresmondes. Bruno regardait comme probable qu’il existe dansle nôtre, des planètes qu’on ne pouvait apercevoir de sontemps, parce que, comparativement à la distance qui les sé-pare de nous, leur volume est très-petit. Il n’admettait pas queles étoiles, fixes en apparence, le fussent en réalité ; ce pointne lui paraissait pas du moins assez prouvé, attendu qu’à des

T. IV.