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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

distances si considérables, il est fort difficile, pendant de courtespériodes, de parfaitement distinguer létat de mouvement delétat de repos. Il ny a que des observations continuées pen-dant une longue suite de siècles, qui puissent nous permettrede décider si tel soleil tourne autour de tel autre, et dans quelsens ou suivant quelles lois seffectue son mouvement. Toutesces conjectures étaientjustes, et dans le siècle nous sommes,elles ont été confirmées en partie.

Il fallait bien que linquisition de Rome eût regardé commedangereux les ouvrages de Jordano Bruno, puisquelle les avaitmis à lindex, après avoir jeté lauteur au bûcher. Ces idées, etbeaucoup dautres que des écrivains hardis faisaient circuler dansle monde savant, ouvraient un champ immense aux imaginationsaventureuses, et poussaient les esprits à franchir les étroiteslimites la scolastique sefforcait en vain de les retenir.

La méthode expérimentale était la seule que Galilée put em-ployer avec avantage contre les péripatéticiens. Il le comprit,et dès lors, il ne voulut rien laisser passer dans Aristote , enphysique et en mécanique, sans lavoir préalablement soumisà lexpérience et à lobservation.

Aristote avait affirmé que si deux corps de même matière rmais de poids différents, tombent de la même hauteur, le pluspesant arrivera le premier à terre, avec une vitesse proportion-nelle à son poids. Cette proposition était admise, depuis dessiècles, sur la parole du maître, et figurait au nombre desaxiomes de la science du mouvement. Bien que cette expériencene fût pas difficile, personne ne sétait encore avisé de lafaire, sinon pour confirmer lopinion dAristote , du moinspour sassurer de son degré de probabilité. Galilée soutenait,contre Aristote , quà une légère différence près, dont il attri-buait la cause à la résistance de lair, deux corps de poids iné-gaux tomberaient de la même hauteur, dans le même temps.

Les péripatéticiens de lUniversité de Pise se récrièrentcontre cette assertion, et la qualifièrent dabsurde. Ils affir-maient quun corps pesant dix livres doit descendre dix foisplus vite quun corps qui ne pèse quune livre, et arriver à terreen dix fois moins de temps.

Galilée , pour les convaincre, laissa tomber en leur présence,du haut de la tour de Pise , des corps de poids inégaux. Le