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bruit ou le son que chacun de ces corps faisait entendre, en ar-rivant à terre, servait à marquer la durée de la chute. C’estainsi qu’il parvint à établir que les temps employés à parcourirle même espace ne sont nullement proportionnels aux poidsdes corps.
Ces belles expériences, exécutées du haut de la Tour pen-chée,ou Campanile , de Pise , eurent lieu en présence d'un grandnombre d’étudiants, de membres de l’Université et de simplescurieux.
Galilée ne convertit point, par cette expérience, les péripa-téticiens de l’Université ; seulement il s’en fit des ennemis im-placables. On se plaignit de ce qu’en répandant le doute surla science éprouvée, comme l’a appelée, en parlant de lascience de nos jours, un de nos ministres de l’Instruction pu-blique, M. Duruy, le jeune professeur ébranlait tout le systèmedes études. On songea donc à obliger, d’une manière ou d’uneautre, le novateur à s’éloigner de Pise .
Aux ennemis qu’il s’était faits dans l’Université, vint sejoindre un personnage, qui, par sa fortune et par ses relationsde famille, jouissait d’une grande influence en Toscane . C’é-tait Jean de Médicis, fils naturel de Cosme. Jean de Médicis avait acquis, en mécanique et en architecture, quelques con-naissances superficielles, dont il était infatué. Il avait imaginéet proposé, pour nettoyer le port de Livourne , une dragueparticulière. Galilée fut invité à donner son avis sur cet appa-reil, et son avis ne fut pas favorable. Malheureusement, lesrésultats pratiques fournis par cette drague confirmèrent plei-nement les prévisions du professeur. Telle fut l’origine et lacause de la haine ardente que Jean de Médicis et ses courtisansconçurent pour Galilée . Il y eut sans doute, dans cette affaire,quelque chose que nous ne connaissons pas. La simple prédic-tion de l’échec de cet appareil n’avait pu exciter seule lahaine de l’inventeur. Il est probable que Galilée , dont l’espritétait un peu trop porté à l’ironie, s’était exprimé, en donnantson avis sur l’appareil, dans des termes qui avaient justementblessé l’amour-propre de Jean de Médicis .
Quoi qu’il en soit, les professeurs de Pise , secondés dansleurs sourdes menées par Jean de Médicis , firent tant que laposition de Galilée ne fut bientôt plus tenable à Pise . Il songea