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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

navait quà faire la revue des cent ou mille opinions qui avaient pu luipasser par la tète dans le cours de sa vie, et surtout qu'à bien examinerles événements qu'il avait prédits à laide de Jupiter; et sil trouvait quetous ces événements sétaient réalisés suivant ses prédictions, je lui con-seillais de continuer gaîment ses prédictions selon les règles ancienneset accoutumées, lassurant que les nouvelles planètes naffecteraient nul-lement les choses déjà accomplies, et quà lavenir il ne serait pas moinsheureux exorciste qu'il ne lavait été jusque. Mais sil trouvait, au con-traire, que les événements qui dépendent de Jupiter nont pas répondu,dans quelques circonstances particulières de peu dimportance, à sesdogmes et à ses pronostics, il devait chercher à construire de nouvellestables pour calculer la constitution de quatre satellites à chaque instantécoulé, et peut-être, daprès la diversité de leurs aspects, parviendrait-il,à force d'observation, à découvrir la variété des influences qui dépendentde ces nouveaux astres... »

Il termine ces conseils, pleins de finesse et dironie, donnésà lastrologue, par quelques paroles plus sérieuses ;

« Il est, lui dit-il, bien plus honorable et plus digne déloges de dé-couvrir, par ses études, par ses observations, par ses travaux, quelquechose dadmirable et de neuf parmi les innombrables secrets cachés dansle sein de la nature, ou dans les profondeurs de la philosophie, que deconsumer une vie indolente et passive à ravaler les inventions et les dé-couvertes qui ont été le fruit des plus pénibles travaux, et à crier bienhaut, comme pour excuser son inaptitude et sa propre inertie, quil nestplus possible de rien ajouter aux découvertes déjà faites. »

Dans un écrit intitulé Essai, qui fut ajouté aux dernièreséditions du Courrier céleste, Keppler parle de Galilée , son ami,avec une telle admiration et dans des termes tels, que les élogesquil lui donne furent pris dans un sens ironique par quelques-uns des nombreux détracteurs du philosophe toscan, entre au-tres par Mœstlin. Ce fut à ce propos que, dans la préface dunenouvelle édition du même Essai, Keppler dit :

« Quelques personnes auraient voulu que jeusse parlé en termes plusmesurés à la louange de Galilée , en considération des hommes distinguésqui sont opposés à ses opinions; mais je nai pas su me déguiser; je leloue pour moi-même, je laisse libre le jugement des autres. »

Keppler déclare à Galilée , dans une de ses lettres, quil aune entière confiance dans sa véracité, mais que, pour discuteravec ses adversaires, il voudrait avoir à citer quelques témoi-gnages dont il pût au besoin se prévaloir à lappui de son opi-nion. Galilée lui fit la réponse suivante :