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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS I)U DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

» Vous avez assez goûté les persécutions des moines pour savoir à<pioi vous en tenir. Leurs Seigneuries craignent qu'un séjour trop pro-longé à Home 11e vous attire îles difficultés; elles verraient avec plaisirque vous, qui jusquici vous êtes tiré avec honneur de vos affaires, ne ré-veilliez pas des susceptibilités endormies, et que vous reveniez aussi viteque possible, car il se répand des bruits dune nature fâcheuse. Lesmoines sont tout-puissants; et moi, votre serviteur, j'ai rempli mon de-voir, en vous donnant cet avis qui est celui de Leurs Seigneuries. Jevous baise la main. »

Cette lettre, en date du 23 mai 1016, était signée du secré-taire dEtat du grand-duc de Florence .

Galilée obéit, et se mit en route pour revenir en Toscane .Arrivé à Florence , il reprit le cours de ses travaux scienti-fiques. Il écrivit au roi dEspagne , et renouvela la propositionquil avait déjà faite en 1G12, relativement à la déterminationde la longitude en mer, au moyen des satellites de Jupiter. Ilput se convaincre quaprès vingt années de négociations, on n'a-vait même pas compris sa méthode (1). Il sadressa plus tard àla Hollande, sans plus de succès.

Tout en continuant le cours de ses recherches et de sesobservations, docile aux conseils de la cour de Toscane et deses amis, il sabstint, durant plusieurs années, de rien publier.Il se bornait à communiquer à quelques personnes éclairées, lerésultat de ses travaux, par des lettres, qui, à la vérité, passantde main en main, et copiées successivement un grand nombrede fois, se répandaient dans diverses parties de l'Europe . Cétaitencore un péril pour lui.

Au pape Paul V , ce pape dont Guicciardini , ambassadeur deToscane , a dit dans une lettre « quil avait en horreur les let-tres et les arts, quil 11 e pouvait souffrir ni les nouveautés ni lessubtilités », avait succédé Grégoire XV , et à Grégoire XV succéda le cardinal Maffeo Ilarberini, sous le nom d'Urbain VIII .Cétait un événement heureux en apparence pour lastronomeflorentin. En effet, Galilée avait été lié par des rapportsd'amitié avec le cardinal Barberini, qui, en maintes circons-tances, avait manifesté de vives sympathies pour ses talents.Pour citer un exemple des bons rapports qui existaient entreGalilée et celui qui devait occuper le trône pontifical, nous di-

( 1 y Libri, Histoire des sciences mathématiques en Italie , t. IV.