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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
faire imprimer à Florence , à la condition de l'y faire examinerde nouveau, par tel censeur qu’on voudrait lui désigner.
Le maître du sacré palais lui en indiqua un. Seulement, ilredemanda, en même temps, à Galilée l’approbation qu’il luiavait donnée, et dont il avait besoin, disait-il, pour en revoirles ternies.
Dès qu’il l’eut dans les mains, le P. Riccardi refusa de larendre. Ce fut en vain que Galilée la fit réclamer par l’ambas-sadeur de Toscane . Il fut obligé de se contenter de l’appro-bation du censeur de Florence .
L’ouvrage fut imprimé et publié à Florence , en 1632.
Son apparition excita des transports de fureur parmi lesthéologiens de Rome . On représenta au pape que, dans ce ridi-cule docteur Simplicio, Galilée avait voulu tracer le por-trait de Sa Sainteté elle-même. A force de l’entendre dire,Urbain VIII Unit par se persuader que son ancien protégél’avait cruellement bafoué. Galilée eut beau protester, on nel’écouta pas. En vain le grand-duc de Toscane voulut-il inter-céder en sa faveur, et faire, par son ambassadeur, les plusvives instances auprès du pape. Urbain VIII , qui regardait celivre comme une insulte faite à sa personne, demeura in-flexible.
Tout ce qu’ont pu dire les écrivains, et entre autres J.-B. Biot ,qui se sont joints aux ennemis de Galilée pour prétendrequ'il avait, en effet, voulu peindre le pape sous les traits d’unpersonnage ridicule, c’est que dans les nombreux entretiens queBarberini, étant cardinal, avait eus, en 1624, avec Galilée ,le prélat avait longuement exposé les arguments qui, à sonsens, devaient faire prévaloir le système de Ptolémée sur celuide Kopernik . Or, ce sont ces mêmes arguments que Simpliciooppose à ses adversaires. Mais ces arguments étaient à l'usagede tous les péripatéticiens, et cette circonstance ne pourrait, àelle seule, autoriser la supposition que le cardinal Barberini,devenu pape, fut dépeint sous les traits de Simplicio.
Jusque-là, il n’y avait donc rien dont le pape pùt être per-sonnellement offensé. Ce n’est qu’à la fin de la quatrièmejournée des Dialogues, qu’un mot malheureux, un trait pleinde malice, semble foire allusion aux entretiens de 1624. Sim-plicio oppose à ses adversaires une considération après laquelle.