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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS I)ü DIX-SEPTIÈME SIECLE

< Enfin linfortuné priait humblement ses .juges de prendre en consi-dération ses soixante-dix ans, et en pitié les infirmités de son corps, lestourments de son esprit depuis dix mois, les souffrances de son voyage etles calomnies dirigées par ses ennemis contre son honneur et sa réputation.

« Certes, lhumiliation du grand homme était bien profonde et biencomplète. Il y avait dans cette soumission poussée jusquà labdicationdes plus énergiques convictions du savant et dans ces supplications delhomme vaincu par la souffrance et la crainte du bûcher, de quoi désar-mer les plus ardentes colères (1). »

Tous les jours Galilée écrivait à lambassadeur, et celui-cilui répondait. On ne soccupait encore qu'à chercher pourquoile maître du sacré palais avait donné la permission dimprimer,sans que Sa Sainteté, du moins à ce quelle disait, en eût rien su.

Galilée écrit bientôt à lun de ses amis de Florence , Boc-cherini, quon va traiter son affaire dans un profond secret. Ilhabite, au Saint-Office, lappartement du fiscal. Il y jouit duneentière liberté de mouvements. Il peut se promener dans toutelétendue du palais. Il se porte bien, « grâce à la bonne chèrequi lui est envoyée de lambassade par lexquise courtoisie delambassadeur et de madame lambassadrice, laquelle pourvoitsoigneusement et jusquà profusion à tous ses besoins. »

Galilée , le 23 avril, écrit de son lit, il est retenu par desdouleurs excessives quil éprouve dans la cuisse gauche. Lecommissaire et le fiscal, ses examinateurs, sont allés le visiter,et lui ont donné leur parole qu'ils ont la ferme intention dexpé-dier son affaire aussitôt quil pourra se lever de son lit. Us luiont répété, à plusieurs reprises, de ne pas saffliger et davoirbon courage.

Galilée ne demeura que dix-neuf jours prisonnier au Saint-Office. Au bout de ce temps, un éclair de pitié parut traverserle cœur de quelques-uns ses juges, car à la suite dunerequête adressée par le P. commissaire, il obtint la permissionde quitter le Palais de lInquisition et de revenir à lambassadede Florence .

Une lettre de Niccolini, en date du .1 er mai 1G33, annonce ences termes ladoucissement apporté à la position de laccusé duSaint-Office :

« Hier, quand je my attendais le moins, le signor Galilée ma été

(1) Galilée } sa vie , ses découvertes et ses travaux } in-18. Paris , 1866, p. 225 et suiv.