137
renvoyé dans cette résidence, bien qu'on n'ait pas encore fini do l’exa-miner. Cette faveur lui est. venue à la suite d’une requête adresséepar le P. Commissaire au cardinal Barberini, lequel, de lui-même, sansconsulter la congrégation, l’a fait libérer, afin qu’il puisse se remettre deses douleurs habituelles, qui l’ont, ces jours-ci, continuellement tour-menté. Ce P. Commissaire montre l’intention de s’employer pour quecette cause soit enterrée et enveloppée dans le silence... »
Ces délais, qu’on ne pouvait ni prévoir ni abréger, dit Biot ,amenèrent, de la part du secrétaire d’Etat du grand-duc deFlorence , Andréa Cioli, une dépêche, conforme au caractèredur, insolent, et sans délicatesse, que l’histoire reproche à cepersonnage. Comme c’était lui qui administrait alors les financesdu grand-duc, il glissa, dans une réponse à l’ambassadeur, lanote suivante :
« Je crois devoir rappeler à Votre Excellence qu’en vous écrivant derecevoir à l’ambassade le signor Galilée , j’ai assigné à cette faveur le termed’un mois, parce que, au delà de ce temps, il faudra que ses dépensessoient à son compte. »
Niccolini, dans sa dépêche du 15 mai 1033, répliqua, avectoute la noblesse d’un caractère élevé « qu’il ne lui convientnullement d’entrer en explications avec Galilée sur un pareilsujet, pendant qu’il est son hôte, et que le procès dùt-il durersix mois, il aimerait mieux plutôt prendre à sa charge toute ladépense, qui, d’ailleurs pour Galilée et pour son domestique, nes’élèverait pas même à plus de 90 ou 100 écus. »
Comme Galilée souffrait beaucoup d’être privé d’exercice,Niccolini obtint pour lui la permission d’être conduit aux jar-dins de la villa Médicis , dans une voiture fermée, afin d’y jouirde quelque promenade.
Niccolini, dans une lettre du 18 juin 1033, rend compte d’unentretien qu’il vient d’avoir avec le pape :
« Sa Sainteté, en considération de Son Altesse, le grand-duc de Florence ,a accordé au signor Galilée toutes les facilités possibles. Quant à la causeen elle-même, on ne peut faire moins que de prohiber cette opinion (delàmobilité de la terre), parce qu’elle est erronée et contraire aux saintes Écri-tures qui ont été dictées ex ore Dei. Pour ce qui concerne la personne deGalilée , il devra demeurer en prison quelque temps, parce qu’il a contre-venu aux ordres qui lui avaient été données dès 1616. Mais, avait ajoutéle pape, lorsque la sentence sera publiée Je vous reverrai et nous examineronsensemble ce qui pourra se faire de moins mal et de moins affligeant pour