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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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GALILEE

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line où était située sa villa; mais ou lui avait assigné d'avanceles étroites limites qu'il lui était interdit de franchir sans auto-risation. Un fonctionnaire spécial était chargé de le surveiller,et l’inquisiteur de Florence avait ordre d’aller, ■ de temps entemps, s’assurer « s'il était bien humble et mélancolique (1). »On semblait savourer le plaisir de le voir; selon l’expressionde il. Philarète Chasles « accablé et prosterné. >>

La crainte que lui inspirait l’espionnage permanent qui s’exer-cait autour de lui, finit par altérer son humeur. Avant sonprocès, il avait toujours été naturellement affable, enjoué, con-fiant. Dans sa solitude, il devint sombre, ombrageux et défiant.Il soupçonnait partout des embûches. Antonini lui demandantdes détails sur ses dernières découvertes, il lui répond :

« Si je n'avais, très-bonoré seigneur, acquis en mille autres circons-tances la preuve certaine de votre affection sincère et dévouée, je pour-rais m’étonner de la demande que vous me faites de vous communiquer,dans une lettre particulière, mes découvertes et mes observations sur lalune. Dois-je penser qu’elle est réellement inspirée, comme vous me ledites, par votre zèle et la crainte de me voir ravir le fruit de mes tra-vaux! »

Ce fut à Arcetri que Galilée reçut la visite de Milton, l’illustreauteur du Paradis perdu. Il est certain que ces deux grandspersonnages se virent, et que l’esprit, la science et la poésiefournirent une ample matière à leurs nobles entretiens. Milton,jeune et Anglais, dut inspirer à Galilée une entière confiance,et il est probable que le solitaire d’Arcetri , affable et hos-pitalier, le retint le reste du jour, ravi d’avoir un hôte aveclequel il pût penser librement, sans avoir à redouter aucunetrahison.

Galilée était né avec un tempérament vigoureux, mais ,dans sa jeunesse, s’étant imprudemment endormi devant unefenêtre ouverte, il avait contracté un rhumatisme, dont il nefut jamais guéri. C’était de là que lui venaient, par accès, cesdouleurs intolérables qu’il ressentait dans les membres. Plustard, on ne sait pas au juste en quel temps de sa vie, il futaffecté d’une hernie qui, ayant été trop négligée, finit pardevenir très-douloureuse.

(1) Philarète Chasles , Galileo Gulilei