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complètement aveugle, que les douleurs de son hernie lui laissent à peineune heure de sommeil en vingt-quatre heures, et qu’il ressemble plus ù uncadavre qu'à un vivant. Contredisant le rapport fait en 1034, il reconnaîtque Galilée , qui a besoin des visites fréquentes d'un médecin, ne peutpas se les procurer à Arcetri ; il ajoute (pie la cécité a interrompu sestravaux, qu'il se fait faire seulement quelques lectures, et que toute con-versation sur les sciences lui est devenue impossible. L’inquisiteur con-clut que, si Sa Sainteté accordait à Galilée la faveur de pouvoir retournerà Florence , il ne serait pas tenté d’y faire des réunions, ou bien que, dansson état d'abattement, un avertissement suffirait pour l’arrêter. Le 9 mars,Galilée reçut la permission de se rendre à Florence , où il dut allerd’abord directement prendre les ordres du Saint-Office. On lui défendit,sous peine de prison perpétuelle et d'excommunication, de sortir de samaison et de dire un seul mot à qui que ce fût sur le mouvement de laterre. Une lettre écrite, le 10 mars 1638, par l'inquisiteur Fonano au car-dinal Barbcrini, dut rassurer Urbain VIII ; car l'inquisiteur y dit que soussa surveillance et par intérêt personnel, le fils de Galilée , qui ne quittepas son [ 1 ère un instant, écartera toute visite suspecte et fera sortirpromptement les personnes admises. Cette promesse de l’inquisiteur futstrictement tenue. Cependant Galilée fut autorisé, sur sa demande, à sefaire porter les jours de fête, pour entendre la messe, dans une petiteéglise voisine de sa maison, qui était presque hors de la ville, et unepermission plus large lui fut accordée pour l’accomplissement du devoirpascal. »
En 1G38, il était presque à l’agonie lorsque l’Inquisition permit qu’on le transportât à Florence . Là, il se remit un peu;mais, à peine convalescent, l’ordre vint de le ramener à savilla.
En septembre 1641, il invite Torricelli , son disciple, à venirle voir: « Ne vous préoccupez pas, lui écrit-il, si votre visitepeut m’attirer quelques nouvelles vexations ; qu’elle soit agréableou non à mes ennemis, cela m’importe peu. Je suis accoutuméà des ennuis bien plus graves. »
Le 9 janvier 1042, à l’âge de soixante-dix-huit ans, Galilée rendit le dernier soupir. C’était l’année même de la naissancede Newton.
Galilée fut enseveli à sa villa d’Arcetri . Plus tard son corpsfut transporté dans l’église de Sainte-Croix de Florence .
Nous demanderons en terminant si les persécutions, lesamertumes, les vexations de tout genre qui remplirent les der-nières années de la vie de ce philosophe illustre, ne sont pasl’équivalent de la torture physique qu’il évita par sa soumissionprudente, et si l’on commet aujourd’hui un bien grande erreurhistorique, quand on parle « des tortures de Galilée ».