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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS 1)1' DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

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notre mieux touchant les choses qui nous sont extérieures, tout ce quimanque de réussir est au regard de nous absolument impossible. Et ceciseul me semblait être suffisant pour m’empêcher de rien désirer à l'avenirque je n'acquisse, et ainsi pour me rendre content, car notre volonté nese portant naturellement à désirer que les choses que notre entendementlui représente en quelque façon comme possibles, il est certain que sinous considérons tous les biens qui sont hors de nous, comme égalementéloignés de notre pouvoir, nous n’aurons pas plus de regret de manquerde ceux qui semblent être dus à notre naissance, lorsque nous en seronsprivés sans notre faute, que nous n'en avons de ne posséder pas lesroyaumes de la Chine ou du Mexique , et que faisant, comme on dit, denécessité vertu, nous ne désirons pas davantage d'être sains étant ma-lades, ou d’être libres étant en prison, que nous faisons maintenant d'avoirdes corps d’une matière aussi peu corruptible que les diamants, ou desailes pour voler comme les oiseaux.

« Enfin, pour conclusion de cette morale, je m’avisai de faire une revuedes diverses occupations qu’ont les hommes en cette vie, pour tâcher àfaire choix de la meilleure; et, sans que je veuille rien dire de celles desautres, je pensai que je ne pouvais mieux que de continuer en celle-làmeme où je me trouvais, c'est-à-dire d'employer toute ma vie à cultiverma raison, et m’avancer autant que je pourrais en la connaissance de lavérité, suivant la méthode que je m’étais prescrite. J’avais éprouvé de siextrêmes contentements, depuis que j’avais commencé à me servir decette méthode, que je ne croyais pas qu’on pût en recevoir de plus douxni de plus innocents en cette vie; et découvrant tous les jours par sonmoyen quelques vérités qui me semblaient assez importantes, et commu-nément ignorées des autres hommes, la satisfaction que j’en avais rem-plissait tellement mon esprit, que tout le reste ne me touchait point. »

S’étant donné ces règles de conduite en philosophie, Des-cartes ne tarde pas à se mettre à l’œuvre. Tout ce travail surlui-même, cet examen des choses qui l’entourent, ces compa-raisons réfléchies, qui le déterminent enfin à choisir sa pro-fession, tout cela, bien entendu, ne s’est pas fait au collègede La Flèche, mais tout y a été préparé. C’est Descartes lui-même qui nous le dit, et c’est lui qui va encore nous apprendrecomment, à l’àge de quatorze ans, il appréciait déjà l’ensei-gnement qui se donnait à l’école;

« J’ai été nourri aux lettres dès mon enfance; et pour ce qu’on mepersuadait que, par leur moyen, on pouvait acquérir une connaissanceclaire et assurée de tout ce qui est utile à la vie, j’avais un extrême désirde les apprendre. Mais sitôt que j’eus achevé tout ce cours d’études, aubout duquel on a coutume d'être reçu au rang des doctes, je changeaientièrement d'opinion; car je me trouvais embarrassé de tant de douteset d’erreurs, qu’il me semblait n'avoir fait aucun profit en tâchant dem'instruire, sinon que j’avais découvert de plus en plus mon ignorance ;et néanmoins j’étais en l'une des plus célèbres écoles de l'Europe , où jepensais qu’il devait y avoir de savants hommes, s’il y en avait en aucun