SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE
1T2
car Descartes estimait que « les poëtes, même ceux qui ne font([UC niaiser, sont pleins de sentences plus graves, plus senséeset mieux exprimées que celles qui se trouvent dans les écritsdes philosophes. » Quant à la pièce de vers sur l’incertitudedu genre de vie qu’on doit choisir, et qui commence par Quoivitæ sectabor iter*, elle indiquait la théologie morale, soit unepersonne sage et de bon conseil. Les mots Est et non, le oui etle non de Pythagore, résumaient évidemment la fausseté et lavérité dont sont composées les connaissances humaines ettoutes les sciences profanes.
Descartes , une fois en train de si bien interpréter, revint surson deuxième songe. Il jugea que l’épouvante, dont il avait étéfrappé, lui représentait les remords de sa conscience, à raisondes péchés qu’il pouvait avoir commis, mais que le coup de ton-nerre de la fin » était le signal de l’esprit de vérité qui descen-dait sur lui pour le posséder. »
Descartes , ne se trouvant pas suffisamment édifié sur lesens de ces songes, recourut à Dieu . Il le pria de lui faireconnaître sa volonté, et de le conduire dans la recherche dela vérité. Il adressa la même prière à la Sainte-Vierge , etpour se la rendre propice, fit le vœu d’un pèlerinage à Notre-Dame de Lorette.
Descartes , suivant Baillet, avait eu dans sa jeunesse, unechaleur de foie, dont il n’était pas encore délivré à son retourde la guerre, et de ses voyages.
« Cotte chaleur, jointe à celle du climat de Paris , contribuait à luifaire enfanter des chimères, lorsqu’il tâchait de produire quelque chosedu fond de son esprit. Il n’y eut que l’âse qui fut capable de la modérer,et il ne s’en trouva entièrement délivré qu’après quarante ans de vie. »
«
Il faut peut-être rapporter à cette affection les songes oules visions qu’il a décrits lui-même fort longuement dans lemanuscrit des Olympiques, et cette excitation cérébrale qu’ilappelle son <• enthousiasme. » La solitude, son applicationexcessive, et l’air échauffé de cette salle où il se tenait si long-temps renfermé, suffiraient, du reste, à expliquer ce phéno-mène. Le jésuite Daniel étant parti de là pour traiter Des-cartes de fou, d’extatique, d’halluciné, avait été pris aumot par plusieurs de ses contemporains, et plus tard même par