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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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DESCARTES

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de très-savants mathématiciens, tels que Laplace etDelambre,qui non-seulement ont méconnu le grand philosophe, maisn’ont pas même su rendre une complète justice au maître de lascience dans laquelle ils ont excellé.

Quoi qu'il en soit, voilà Descartes , à vingt-trois ans, enpleine possession du terrain sur lequel il doit édifier la philo-phie nouvelle. Jusque-là son esprit, toujours doutant, n’avaitprocédé, dans sa course à travers les anciens systèmes, que pardes éliminations perpétuelles. Maintenant le sol lui paraît suf-fisamment déblayé. Le hardi novateur n’avait encore que dé-truit, il s’apprête à construire; il niait, il va maintenant affir-mer :

« Je pense, donc je suis. » Cette première affirmation luiparaît renfermer une vérité fondamentale d’une évidence irré-sistible, qui, sans rien devoir aux mathématiques et à la lo-gique , n’en égale pas moins, si même elle ne surpasse encertitude les axiomes les plus révérés de ces deux sciences (1).

De cette première vérité, Descartes tire tout d’abord lapsychologie, science dont le nom même, s’il n’était pas nou-veau, était inconnu dans les écoles, où il ne fut introduitqu’assez longtemps après ; — puis une métaphysique, appuyéecette fois sur une base solide, car la pensée implique l’être,ou tout au moins un être pensant, — ensuite d’autres sciencesbeaucoup moins légitimement déduites de son principe fonda-mental, parce qu’il est dans la condition de ces sciences dene relever que de l’observation extérieure et non de la réflexionintime. Mais Descartes était aussi habile observateur que pro-fond métaphysicien ; on peut même dire que chez lui, c'était lapremière de ces facultés qui dominait. Quand il s’enfermaitpas chez lui pour méditer, toute sa vie n’était qu’une observa-tion continuelle. Etudier les hommes, les lieux et les choses,tel était le véritable but de ces longs voyages, au milieu desquelsnous allons le rejoindre, après avoir insisté, comme nous ledevions, sur un moment qui fit époque dans sa carrière philo-sophique.

Descartes ne voulut pas quitter l’Allemagne sans s’enquérirdes Rose-Croix , dent il entendait parler depuis longtemps,

(1) Discours de la méthode t t. I, p. 427. Édition de M. Cousin.