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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIECLE

comme d’une confrérie de savants, en possession de secrets mer-veilleux, et qui promettaient aux hommes la véritable scienceet la sagesse. Il ne savait pas que ces savants introuvables,et qu’on appelait même les Invisibles, s’étaient interdit, parleurs statuts, de se révéler en public et de se montrer autre-ment vêtus que le commun des mortels. Aussi, malgré toutesles peines qu’il se donna, ne put-il parvenir à découvrir unseul membre de cette association mystérieuse. Ses recherches àce sujet ayant été connues à Paris , y firent plus tard répandrele bruit que Descartes s’était affilié en Allemagne à la confrériedes ltose-Croix. L’existence même de cette société secrèteaurait besoin d’être démontrée.

Après avoir passé le reste de l’année 1619 et le commencementde l’année 1620 sur les frontières de la Bavière , toujours tra-vaillant et vivant seul, à côté de ses compagnons d’armes, Des-cartes suivit le mouvement de l’armée, que le duc de Bavière dirigeait vers la Souabe . Seulement, il quitta presque aussitôtce corps de troupe, et se rendit à Ulm, où il demeura trois ouquatre mois. Puis il alla rejoindre l’armée du duc de Bavière ,qui venait de se diriger sur la Bohème, et entra avec elle dansPrague , comme nous l’avons dit plus haut.

L'année suivante, Descartes abandonna le service du duc deBavière, pour suivre en Moravie , un autre chef des Impériaux,le comte de Bucquoi. Après de nombreux succès, rapidementenlevés, ce général ayant été tué d’un coup de pistolet en as-siégeant Neuhausel, notre philosophe renonça définitivement àses promenades militaires. Il a encore été dit, qu’il s’était si-gnalé dans ces dernières expéditions.

« Mais, dit Baillet, quoique la chose ne soit pas tout à fait hors d’appa-rence, il aurait été bon que nous l’eussions apprise de lui-même ou dequelque auteur uniquement attaché à la vérité de l’histoire, plutôt quede ses panégyristes, qui peuvent l’avoir devinée pour lui faire honneur. »

Comme Descartes ne s’attribuait aucune part aux heureuxfaits d’armes accomplis par le comte de Bucquoi, ni à la prisede Prague par le duc de Bavière , on doit croire qu’il se trou-vait là en philosophe qui s’attache à étudier les choses et leshommes , et non en soldat qui cherche la gloire et la for-tune.