Buch 
4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
Seite
188
JPEG-Download
 

188

SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

triangles tons égaux, qui avaient chacun un angle droit, et l'autre detrente degrés, en sorte que l'un de leurs côtés était double de l’autre.Us étaient, l'un de cristal de montagne, l’autre de cristallin ou verre deVenise , et le troisième de verre moins fin. Puis, je fis faire aussi unerègle do cuivre, avec deux i>innules, pour y appliquer ces triangles etmesurer les réfractions, et de là j’appris que la réfraction de cristal demontagne était plus grande que celle du cristallin, et celle du cristallinque celle du verre moins pur. Après cela, M. Mydorge, que je tienspourle plus exact à bien tracer une figure de mathématiques qui soit aumonde, décrivit l’hyperbole qui se rapportait à la réfraction du cristal deVenise , sur une grande lame de cuivre bien polie, et avec des compasdont les pointes d’acier étaient aussi fines que des aiguilles. Puis il limaexactement cette lame suivant la figure de l’hyperbole, pour servir depatron, sur lequel un faiseur d’instruments de mathématiques, nomméFévrier, tailla au tour un moule de cuivre encavé en rond, de la grandeurdu verre qu’il voulait tailler. Et afin de ne corrompre point le premiermodèle, en l’ajustant souvent sur ce moule, il coupait seulement dessusdes pièces de carte, dont il se servit en sa place, jusqu’à ce qu’ayant con-duit ce moule à sa perfection, il attacha son verre sur le tour, et l’appli-quant avec du grès entre deux, il le tailla fort heureusement. Mais vou-lant après en tailler un concave de la même manière, la chose lui futimpossible à cause que le mouvement du tour étant moindre au milieuqu’aux extrémités, le verre s’y usait toujours moins, quoiqu’il s’y dûtuser davantage. Mais si j’eusse alors considéré que les défauts du verreconcave ne sont pas de si grande importance cpie ceux du convexe,comme j’ai fait depuis, je crois que je n’eusse pas laissé de lui faire faired’assez bonnes lunettes avec le tour. »

Parmi les hommes distingués avec lesquels Descartes se liad’amitié, pendant les trois années qu’il demeura à Paris , aprèsson voyage d’Italie , il ne faut pas omettre celui qui était peut-être alors le plus célèbre de tous et au moins l’égal des plusavancés dans les sciences mathématiques. Desargues s’occu-pait surtout de mécanique, et ce qui lui donnait des titrestout particuliers à l’estime et à l’amitié de Descartes , c’étaitla tendance humanitaire , comme on dit aujourd’hui, de sesingénieuses inventions. Desargues se proposait avant toutd’alléger les fatigues des artisans. Or, abréger et adoucir lestravaux des hommes, tel était aussi le but que Descartes donnait à sa mécanique, et on doit même ajouter à toutesles sciences, qu’il s’efforcait de perfectionner. Ce qu’il repro-chait aux sciences qu’on enseignait de son temps, c’étaitmoins encore d’être incomplètes que d’être inutiles. Il y avaitdonc une sympathie toute créée, et en quelque sorte préexis-tante, entre ces deux hommes, au moment où ils se rencon-trèrent. Aussi Descartes n’eut-il pas un ami plus constant, plus