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seiller et secrétaire des commandements du prince d’Orange,il était fait.également pour la cour, pour la guerre et pour lecabinet.
« I-lomme, dit Baillet, d’un esprit délicat, aisé, agréable, appliqué, pro-fond, mais libre et dégagé; d’une érudition fort diversiliée dans leslangues et dans les sciences qu’il possédait, et dans les arts libéraux dontil savait la pratique autant que la spéculative. Il avait d’abord conçu pourDescartes , outre une estime extraordinaire, une inclination très-violente. à le servir-, et il s’était rendu son correspondant en Hollande pour leslettres et les paquets qui s’adressaient de France , d’Angleterre et desPays-Bas à ce philosophe, et pour une grande partie de ce qu’il avait àenvoyer en d’autres pays. »
Ainsi Constantin Huygens était pour Descartes en Hollandece qu’était à Paris le P. Mersenne. Il faut ajouter qu'aprèsMersenne , c’est l'homme dont la correspondance avec notrephilosophe a été le plus considérable, surtout si l’on a égard àl’importance des matières qui sont traitées dans leurs lettres.Plusieurs de ces lettres, ou égarées ou longtemps inédites, ontété réunies à grands frais et mises au jour par M. Foucher deCareil. On trouve, par exemple, deux lettres de Descartes surla taille des verres, adressées à Huygens et à un autre de sesamis, M. de Pollot, qui occupaient à ce travail les meilleursouvriers d’Amsterdam , d’après ses instructions. Ce Pollot,nommé professeur dans l’Université qui venait d’être fondée àBréda, rendit cette Université cartésienne dès son origine. Uneautre lettre de Descartes à Constantin Huygens , est relative àla publication de la Dioptrique; Huygens , en qui l’adresse dela main se joignait, comme l’a dit Descartes , à celle de l’esprit,ne lui donna pas seulement de très-utiles conseils pour le per-fectionnement de ce beau livre ; il se chargea d’en surveillerl’impression, que le nombre et la nouveauté des figures, héris-saient de difficultés matérielles. Pour apprécier l’importanced’un tel service, il faut savoir que Descartes disait de lui-même,et ce qui est également le fait de beaucoup de grands esprits,que, plein de feu pendant la période de la création, il ne serésoud que difficilement h prendre la lime, « et qu’une préfaceà écrire pour l’imprimeur lui coûte plus qu’une science àcréer. »