196
SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE
Au mois de mai 1044, il se rend à Leyde , mais seulementpour y passer, car presque immédiatement on l’en voit partirpour faire un voyage en France , qui le tint éloigné de la Hol-lande depuis le mois de juin jusqu’au mois de novembre de lamême année. Ce fut après ce voyage qu’il se fixa définitive-ment à Egmond-de-Binnen, et dans des conditions telles qu’ilparaissait bien avoir renoncé à toute idée de s'en éloignerjamais.
On est presque tenté d’en vouloir à Descartes de la peinequ’il donne à ses biographes pour le suivre à travers tous cesdéplacements; mais on s'étonne plutôt qu'on ne s’irrite, ensongeant que c’est au milieu des mouvements et des embarrasde tous ces voyages, que ce grand homme composa ses Médi-tations métaphysiques et le Discours de la méthode.
Si nous reprenons Descartes au moment de son entrée enHollande, en 1029, nous ne trouvons pas qu’il ait vécu aussi isolédans Amsterdam qu’il lui plait de le dire dans sa lettre à son amiBalzac . Tout d’abord il y rencontre des hommes distingués, quine ressemblent guère à ces marchands dont il a tracé le por-trait. Il s’y fait des amis, qui se dévouent à son œuvre et à sapersonne, et parmi lesquels il convient de citer un professeurnommé Reneri ou Renier, qui eut la gloire d’ètre le premiersectateur de la philosophie cartésienne, à l’étranger. Un peuplus tard, il acquit l’amitié d’un autre personnage, qui portaitun nom déjà célèbre bien avant de s’être fait le partisan etquelquefois le collaborateur de Descart.es, nous voulons parlerde Constantin Iluygens, le père du célèbre physicien Christian Huygens , à qui nous consacrons, dans ce volume, une biogra-phie.
Constantin Huygens soutenait dignement, et en y ajoutantmême un nouvel éclat, l'illustration d’une famille qui avaitmarqué dans tous les travaux de l’esprit, au commencement dudix-septième siècle, et de qui on a pu dire, avec vérité, qu’ellefaisait alors « presque à elle seule, toute l’animation et toute lavie intellectuelle et scientifique de la Hollande (1) ».
Constantin Huygens était, sans contredit, l’homme le pluscomplet de tous ceux qu’on pouvait citer dans son pays. Con-