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SAVANTS I)U DIX-SEPTIEME SIECLE
vrage dont il avait donné communication à Mersenne étaitbien véritablement de lui. Mais ce dernier, qui avait passé unjour entier à le lire, en avait fait un compte rendu si fidèle àDescartes , que celui-ci y avait parfaitement reconnu son œuvre.Poussé à bout sur cette question de plagiat, Beeckman ne seposséda plus, et jetant tout à fait le masque, il eut l'audaced’écrire à Descartes lui-même, pour compléter ce qu’il avaitécrit en confidence au P. Mersenne : « que s’il voulait veillerau bien de ses études, il devait retourner auprès de lui à Dort,et qu’il ne pouvait nulle part profiter davantage que sous sadiscipline. »
Descartes , soupçonnant que Beeckman n’avait écrit ceslignes que pour les faire voir à d’autres avant de les lui adres-ser, lui répondit par une remontrance si magistrale, que sonhomme en fut tout à fait aplati.
Le geai abattu et déplumé alla faire panser ses plaies parmiles siens. Touché de son chagrin, un de ses collègues de Dortintercéda pour lui, auprès de Descartes , qui voulut bien ré-pondre qu’il pardonnait à Beeckman , et lui conservait mêmeson amitié, mais sans s’engager à reprendre de sitôt leur com-merce épistolaire.
Après le départ de Mersenne , qui n’avait pas passé moinsd’un an à visiter les villes et les savants les plus considérablesde la Hollande, de la Flandre et du Brabant, Des'cartes fit unecourte excursion en Angleterre. On ne peut placer qu’approxi-mativement entre le printemps et l’été de l’année 1031, la datede ce voyage, dont le fait d’ailleurs est hors de toute contes-tation. On en a pour garant le témoignage de Descartes lui-même, et le résultat scientifique qu’il en rapporta. Le P. Mer-senne lui ayant envoyé, au commencement de 1640, l’observa-tion des déclinaisons de l’aimant, phénomène nouvellementconstaté en Angleterre, voici ce qu’il lui répondait, le 4 mars dela même année :
« Comme je ne crois pas que les déclinaisons de l’aimant viennentd’ailleurs que des inégalités de la terre, aussi ne crois-je point que lavariation de ces déclinaisons ait une autre cause que les altérations quise font dans la masse de la terre, soit que la mer gagne d’un côté etperde de l'autre, comme on voit à l’œil qu'elle fait dans ce pays, soitqu’elle s’engendre d’un côté des mines de fer ou qu’on en épuise de l’autre,soit seulement qu’on ait transporté quelque quantité de fer, ou de brique