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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS I)U DIX-SEPTIEME SIECLE

vrage dont il avait donné communication à Mersenne étaitbien véritablement de lui. Mais ce dernier, qui avait passé unjour entier à le lire, en avait fait un compte rendu si fidèle àDescartes , que celui-ci y avait parfaitement reconnu son œuvre.Poussé à bout sur cette question de plagiat, Beeckman ne seposséda plus, et jetant tout à fait le masque, il eut l'audacedécrire à Descartes lui-même, pour compléter ce quil avaitécrit en confidence au P. Mersenne : « que sil voulait veillerau bien de ses études, il devait retourner auprès de lui à Dort,et quil ne pouvait nulle part profiter davantage que sous sadiscipline. »

Descartes , soupçonnant que Beeckman navait écrit ceslignes que pour les faire voir à dautres avant de les lui adres-ser, lui répondit par une remontrance si magistrale, que sonhomme en fut tout à fait aplati.

Le geai abattu et déplumé alla faire panser ses plaies parmiles siens. Touché de son chagrin, un de ses collègues de Dortintercéda pour lui, auprès de Descartes , qui voulut bien ré-pondre quil pardonnait à Beeckman , et lui conservait mêmeson amitié, mais sans sengager à reprendre de sitôt leur com-merce épistolaire.

Après le départ de Mersenne , qui navait pas passé moinsdun an à visiter les villes et les savants les plus considérablesde la Hollande, de la Flandre et du Brabant, Des'cartes fit unecourte excursion en Angleterre. On ne peut placer quapproxi-mativement entre le printemps et lété de lannée 1031, la datede ce voyage, dont le fait dailleurs est hors de toute contes-tation. On en a pour garant le témoignage de Descartes lui-même, et le résultat scientifique quil en rapporta. Le P. Mer-senne lui ayant envoyé, au commencement de 1640, lobserva-tion des déclinaisons de laimant, phénomène nouvellementconstaté en Angleterre, voici ce quil lui répondait, le 4 mars dela même année :

« Comme je ne crois pas que les déclinaisons de laimant viennentdailleurs que des inégalités de la terre, aussi ne crois-je point que lavariation de ces déclinaisons ait une autre cause que les altérations quise font dans la masse de la terre, soit que la mer gagne dun côté etperde de l'autre, comme on voit à lœil qu'elle fait dans ce pays, soitquelle sengendre dun côté des mines de fer ou quon en épuise de lautre,soit seulement quon ait transporté quelque quantité de fer, ou de brique