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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE
son premier livre, c’est-à-dire les quatre traités qui firent faireun si grand pas à la géométrie et à la physique, et qui por-tèrent le coup de grâce à la philosophie scolastique.
L’ouvrage, dont l’impression fut achevée à Levde le S juin1637, portait ce titre : Discours cle la méthode four bien con-duire sa raison, et chercher la vérité dans les sciences. Plus ladioptriqne, les météores et la géométrie, qui sont des essais decette méthode.
Ainsi Descartes , pour ses débuts d’auteur, donnait à la foisau public, dans un seul volume, quatre ouvrages bien distinctset dont les trois derniers n’ont avec celui qui les précèded’autres liens que ceux qui peuvent exister entre une théorieet quelques-unes de ses applications. Encore est-il juste dedire qu’il faut posséder le génie de Descartes pour tirer toutel’algèbre et toute la géométrie du fameux principe : Je pense,donc je suis.
Le Discours de la méthode, cette nouvelle logique, ou cenouvel Orgammi, est un chef-d’œuvre de raison, mais il noussemble qu’il promet beaucoup trop, et que ce serait une grandeprésomption chez ceux qui ne possèdent qu’à un degré ordi-naire la faculté d’observer et la puissance de réfléchir, des’imaginer qu’en suivant un tel guide, ils vont découvrir ungrand nombre de vérités. Descartes assurément se trompequand il assure qu’il n’est qu’un homme ordinaire, et qu’il doittout à sa méthode. Il fallait sa puissance de réflexion et d’in-duction pour en tirer tout ce qu'il y trouva.
Après les parties importantes que nous avons citées du Dis-cours de la méthode, dans les premières pages de cette Notice,il n’est plus nécessaire de nous arrêter sur cet ouvrage. Nouspasserons tout de suite aux trois autres, qu’il appelle les Essaisde sa méthode. On a vu par quelles études et par quelles expé-riences il les avait préparés. Aussi à peine eut-on lu sa Diop-trique qu’elle fut proclamée un chef-d’œuvre par les savantsles plus illustres de l’Europe . Aujourd’hui même, après que cettepartie de la science a fait tant de progrès, on cite encore cetouvrage. Il est divisé en dix parties, ou, comme on disait alors,en dix discours, sur la lumière, sur la réfraction, sur l’œil etles sens, sur les images qui se formént au fond de l’œil, sur lavision, sur les lunettes, et sur la taille des verres. Tout ce que