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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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DESCABTES

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témoignages dhonneur par lesquels on avait célébré son arrivée.

Toutefois, la reine eût regardé comme un échec à son amour-propre et à sa considération de laisser partir Descartes . Elle par-lait fréquemment de lui à lambassadeur de France , et cétaittoujours pour exalter son mérite, et témoigner hautement de lasatisfaction quelle recevait de son illustre maître. Afin de luidonner à lui-même une preuve directe de lestime quelle fai-sait de sa doctrine, elle le pressait vivement de mettre enordre ceux de ses écrits quil navait pas encore publiés.

Cependant il était visible que la santé de Descartes souffraitdu climat de Stockholm et de la rigueur de lhiver de 1050. Ilnosait sen plaindre à la reine, mais elle sen aperçut. Résoluede ne rien épargner pour le retenir au moins dans ses États, si ellene pouvait le garder à Stockholm , elle communiqua à lambas-sadeur le projet quelle avait conçu : cétait de choisir danslarchevêché de Brême, ou dans quelque autre des provincesallemandes, récemment acquises à la couronne de Suède , un biennoble, dun revenu de trois mille écus au moins, et dy établirDescartes , en lui faisant don de la seigneurie de cette terre,afin quelle put rester à perpétuité dans sa famille. Cette rési-dence le rapprocherait de son cher Egmond, auquel il était .de-puis si longtemps acclimaté. Chanut crut pouvoir répondre à lareine que ce nouveau bienfait serait parfaitement accueilli parDescartes . Ce dernier céda, en effet, mais bien inutilement, carce beau projet ne devait jamais être exécuté. Il était écrit queses frères ou ses neveux ne deviendraient jamais, de son chefseigneurs en Allemagne .

Dans la journée du 18 janvier, Chanut, au retour dune,promenade quil avait faite à pied, avec Descartes , fut atteintd'une inflammation de poitrine. La période aiguë fut très-violente, et ne dura pas moins de onze jours. Le 29 du mêmemois, loppression diminua, le malade put respirer plus librement,et ses amis conçurent lespoir de le sauver. Tant que dura lamaladie de son ami, Descartes se tint constamment à son che-vet. Il ne le quittait pendant quelques instants, que pour serendre au palais,quand les ordresde la reine ly appelaient. Maislhôtel de lambassadeur en était séparé par un pont très-long ettrès-découvert, sur lequel Descartes devait passer pour serendre avant le jour dans le cabinet de la reine. Celle-ci, depuis