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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS I)U DIX-SEPTIEME SIECLE

quelque temps, méditait le projet de composer une assemblée desavants, et de lui donner une forme et une organisation acadé-mique. Elle avait chargé Descartes de lui en dresser les planset les statuts. Le jour même où il lui avait porté ce travail, iléprouva quelques frissons en sortant du palais. Il prit pour re-mède un demi-verre d’eau-de-vie brûlée. C’était le jour mêmeoù son ami Chanut entrait en convalescence.

Le lendemain, fête de la Purification, il entendit la messe etcommunia dans la chapelle de l’ambassade. Mais il ne put res-ter debout jusqu’à la fin de cette journée. Le soir, il eut denouveaux frissons, et fut obligé de se mettre au lit, au momentou Chanut se levait pour la première fois.

La maladie de Descartes était la même que celle dont sonami venait de guérir, mais elle ne fut reconnue d'abord, ni delui, ni de ceux qui l’assistaient. L’invasion de la pneumonie avaitété des plus violentes, la fièvre fut intense pendant les pre-miers jours. Cependant il croyait ne souffrir que d’un rhuma-tisme aigu. Le premier médecin de la reine étant, par malheur,absent, les autres qu’on lui envoya, excitèrent sa méfiance, cariis faisaient partie de la cabale qui s’était formée contre lui à lacour. Il s’obstina à ne vouloir rien faire de ce qu’ils ordon-naient, et quand on parla de le saigner: « Messieurs, s’écria-t-il, épargnez le sang français. »

La reine envoyait deux fois par jour, un de ses gentilshommes,pour lui rapporter des nouvelles du malade. Ce ne fut que leseptième jour de la maladie que la fièvre cessa et dégagea lecerveau. Descartes eut alors pour la première fois, le sentimentdu péri! où il était, et de la faute qu’il avait commise en refusantla saignée.

Le mal s’aggravant, il ne songea plus qu’à mourir, et de-manda un prêtre. On le saigna deux fois, mais il n’était plustemps.

Dans l’après-midi du huitième jour, sa respiration s’embar-rassa, et au milieu de la nuit, il parut perdre connaissance. Savue s’éteignit à demi, et ses yeux, plus ouverts qu’à l’ordinaire,parurent égarés. Quelques heures après, l’oppression augmentajusqu’à lui ôter la respiration. Sur le soir, il demanda qu’onlui fit infuser du tabac dans du vin, pour se procurer un vomis-sement. Weulles, un des médecins envoyés par la reine