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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
maître, en les dénaturant, et y mêlant toutes sortes de chosesincompréhensibles ou futiles. Les scolastiques anglais s’épui-saient en discussions stériles, en polémiques incessantes, sou-vent grossières, presque toujours sans but réel, sans utilité pourla science, ni pour la pratique de la vie. L’ utilité, l’applicationimmédiate, voilà ce que Bacon regardait comme l’essence et leprincipal mérite des sciences : ce fut la pensée dominante de savie scientifique, et cette pensée germait déjà dans le cerveaudu collégien de Cambridge.
Il songeait à se livrer à l’étude des sciences exactes, lorsque,au mois de septembre 157G, son père le rappela de l’Université,pour le jeter dans la carrière politique. Il l’envoya à la cour deFrance, avec l’ambassadeur sir Amyas Paulet. Obéissant auxvœux de sa famille et aux conseils de sa propre ambition, lejeune homme abandonna toute étude scientifique, pour se livreraux affaires politiques. Le résultat de ses études fut un petittraité sur la Situation de l'Europe (of the state of Europe ),qui parut remarquable en raison des observations qu’il renfer-mait sur les tendances politiques des souverains de ce temps.Il s’acquitta aussi, à la grande satisfaction de la reine, d’unemission délicate que l’ambassadeur lui avait confiée, et dontil alla rendre compte à sa souveraine.
Il repartit pour la France , et commença un voyage d’étudesdans nos provinces. Il était à Poitiers au mois de février 1579,lorsqu’il reçut la nouvelle de la mort de son père. La majeurepartie de la fortune paternelle, et notamment la terre de Gor-hambury, voisine de Saint-Albans, échurent en héritage à sonfrère aîné, Anthony Bacon . La mort de sir Nicolas avait été sipeu prévue, qu’il n’avait pas eu le temps d’assurer l’avenir duplus jeune de ses fils.
François Bacon, de retour à Londres , se vit donc dansune situation tout à fait précaire, et il dut songera se créerune position par ses talents. Il se décida à suivre la carrièredu droit, espéranty trouver le chemin de la fortune et des hon-neurs. Il entra en 1580, à Grays-Inn, dans la corporation très-ancienne des étudiants et praticiens du droit.
Il semble au premier abord, qu’un jeune homme qui avaitmanifesté à vingt ans, une capacité hors ligne, et qui tenait parsa famille à une foule de grands personnages Ha sœur aînée de