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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

maître, en les dénaturant, et y mêlant toutes sortes de chosesincompréhensibles ou futiles. Les scolastiques anglais sépui-saient en discussions stériles, en polémiques incessantes, sou-vent grossières, presque toujours sans but réel, sans utilité pourla science, ni pour la pratique de la vie. L utilité, lapplicationimmédiate, voilà ce que Bacon regardait comme lessence et leprincipal mérite des sciences : ce fut la pensée dominante de savie scientifique, et cette pensée germait déjà dans le cerveaudu collégien de Cambridge.

Il songeait à se livrer à létude des sciences exactes, lorsque,au mois de septembre 157G, son père le rappela de lUniversité,pour le jeter dans la carrière politique. Il lenvoya à la cour deFrance, avec lambassadeur sir Amyas Paulet. Obéissant auxvœux de sa famille et aux conseils de sa propre ambition, lejeune homme abandonna toute étude scientifique, pour se livreraux affaires politiques. Le résultat de ses études fut un petittraité sur la Situation de l'Europe (of the state of Europe ),qui parut remarquable en raison des observations quil renfer-mait sur les tendances politiques des souverains de ce temps.Il sacquitta aussi, à la grande satisfaction de la reine, dunemission délicate que lambassadeur lui avait confiée, et dontil alla rendre compte à sa souveraine.

Il repartit pour la France , et commença un voyage détudesdans nos provinces. Il était à Poitiers au mois de février 1579,lorsquil reçut la nouvelle de la mort de son père. La majeurepartie de la fortune paternelle, et notamment la terre de Gor-hambury, voisine de Saint-Albans, échurent en héritage à sonfrère aîné, Anthony Bacon . La mort de sir Nicolas avait été sipeu prévue, quil navait pas eu le temps dassurer lavenir duplus jeune de ses fils.

François Bacon, de retour à Londres , se vit donc dansune situation tout à fait précaire, et il dut songera se créerune position par ses talents. Il se décida à suivre la carrièredu droit, espéranty trouver le chemin de la fortune et des hon-neurs. Il entra en 1580, à Grays-Inn, dans la corporation très-ancienne des étudiants et praticiens du droit.

Il semble au premier abord, quun jeune homme qui avaitmanifesté à vingt ans, une capacité hors ligne, et qui tenait parsa famille à une foule de grands personnages Ha sœur aînée de