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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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FRANÇOIS BACON

sa mère avait épousé lord Burleigh, le premier homme dÉtatde cette époque), devait parvenir rapidement au faite deshonneurs. Il nen fut rien. François Bacon végéta longtempsdans une position voisine de la misère. Ses facultés natu-relles lauraient écarté de létude du droit. Il avoue lui-même,dans plusieurs de ses lettres, que la jurisprudence ne lui plai-sait pas, et quil ne sen occupait que pour vivre. « Il y amieux à faire pour un philosophe, écrivait-il, que d'étudier lesDigestes.

Ses relations de famille ne lui furent pendant longtempsdaucune utilité. Son frère aîné le voyait avec plaisir,mais ne lui était daucun secours. Ce qui est plus surpre-nant, cest la froideur malveillante que son oncle ma-ternel, lord Burleigh, opposa toujours à ses fréquentes etpressantes sollicitations. Le tour desprit de ces deux hommesétait trop différent pour permettre un rapprochement entreeux. Lord Burleigh, positif, froid, réfléchi, vieilli dans lesaffaires de lEtat, ne pouvait ni apprécier ni comprendre les-prit hardi, turbulent et vaniteux du jeune philosophe. « Cestun rêveur », voilà comment Burleigh formulait son jugementsur son neveu, quil tenait à lécart, et contre lequel il prévintmême la reine.

Il était écrit que Bacon devrait tout à lui-même. Il seprépara donc, comme le premier venu, à son stage davocat,et poursuivit ses études avec assez dardeur pour être remarquéde ses confrères. En peu dannées, il eut non-seulement laréputation dun savant jurisconsulte, mais encore celle dunavocat éloquent. Il obtint, au bout de quelques années, la placede lent reader, cest-à-dire les fonctions de professeur de droità linstitution de Orays-Inn.

Son succès fut moins brillant sur un autre terrain. Ce futvainement quil chercha, à cette époque, à se faire remarquer àla cour. Il put, à la vérité, sapprocher de temps en temps de lareine Elisabeth. Elle lécoutait avec plaisir, et lui témoignaitune certaine bienveillance ; mais la seule marque de faveurquil emporta, fut le titre de conseiller extraordinaire de lareine. Ce titre lui donnait le droit de figurer à côté de VAt-torney general et du Sollicitor general, dans les procès de lacouronne, et de se présenter à la barre en robe de soie.