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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS I)U DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

à se réveiller et à l'arracher à sa retraite. La reine semblaitmieux disposée à son egard; elle appréciait déjà son mérite,comme jurisconsulte. Laltière souveraine avait daigné venir,elle-même, lentretenir dun procès qui lintéressait; elle luiavait même demandé à dîner dans sa maison de Twickenham.Plus dune fois, il servit dintermédiaire entre la reine et sonfavori, le comte dEssex, dans des affaires dun ordre délicatet tout personnel.

Mais il était écrit que la fortune ne sourirait jamais à Bacon ,sous le règne d'Elisabeth. Malgré sa réputation, il ne put sortirdes embarras matériels de sa situation. Lespoir dun richemariage vint ranimer son courage. Il aspirait à la main delady Hatton, belle, riche et spirituelle personne, fille de sirThomas Ceril, petite fille de lord Burleigh. Mais on lui pré-féra son ancien rival, sir Édouard Coke, mieux posé que luidans le monde, mais âgé de cinquante ans. On ne doit passétonner de la haine que Bacon eut toute sa vie pour cethomme, quil rencontrait constamment sur son chemin.

Sa gêne devenait plus pénible de jour en jour. Un créancierimpitoyable, à qui il devait 300 livres sterling (7,500 fr.), le fitplus dune fois mettre sous les verrous. Il en fut libéré unepremière fois, par lintervention de son cousin le ministre, uneseconde fois par la mort de son frère aîné, qui lui laissait unepetite somme en héritage.

Tous ces échecs auraient dégoûté un autre homme, de lacarrière politique, et lauraient guéri de lambition. Bacon necomprit pas ces avertissements. Il aurait mieux valu pour lascience et pour lhonneur de son nom, quil eût renoncé à sesprojets, pour sadonner aux seules études scientifiques. Maisil y eut toujours dans Bacon deux penchants contraires, quil'attiraient, avec une force égale, dans deux directions oppo-sées. S'il ressentait lintime conviction de sa mission scien-tifique, dun autre côté l'ambition et la vanité le poussaientdans la vaine carrière des cours, en faisant briller à ses yeux lemirage trompeur de la fortune et du pouvoir.

Grâce à son amitié avec le comte dEssex, Bacon savait de-puis longtemps que les rapports de la reine et de son favoriétaient troublés par la fierté et linsubordination du jeune etbrillant, général. 2se pouvant faire plier Élisabeth à ses volon-