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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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FRANÇOIS BACON

tés par la prière et la soumission, le comte dEssex croyaitpouvoir tout arracher par ses importunités et ses façons des-potiques, à la reine, déjà âgée. Bacon prévoyait lorage quisamoncelait sur la tête de son ami ; il tremblait pour Essex,et plus encore pour lui-même, car la chute du favori d'Elisabethdevait entraîner la sienne.

Au mois doctobre 1596, il adressa au comte dEssex unelongue lettre, dans laquelle il lui conseillait la prudence et lamodestie. Cétait un cours complet de conduite, à lusage desamants des têtes couronnées. En même temps, il faisait toutpour excuser le comte dEssex aux yeux de la reine, et pourle recommander à sa générosité. Mais tous ses conseils furentperdus. Le favori, se croyant sûr de la reine, continuait dela blesser par sa conduite, dexciter sa jalousie et déveillersa défiance par des démonstrations populaires en son honneur.Sa liaison avec la souveraine durait toujours, grâce à des ré-conciliations qui succédaient périodiquement aux ruptures.

Le comte dEssex, aspirait à une position plus élevée quecelle quil occupait à la cour. Il réussit à se faire donner,malgré les avis de Bacon , un nouveau commandement, dansune expédition dirigée contre lEspagne . Il y fit preuve de labravoure qui lui était naturelle. Mais des vents contrairesdispersèrent la flotte, et à son retour, la reine laccueillit avecune mauvaise humeur non dissimulée. Lannée suivante, cest-à-dire en 1598, Essex eut avec Elisabeth, en présence de lacour, cette violente et scandaleuse altercation, qui a été tantde fois racontée, et si souvent produite dans le roman etau théâtre. On sait quaprès un échange de mots très-vifs,Essex tourna le dos à la reine, qui, furieuse, le prit par lesoreilles et le chassa de sa présence. Le comte porta lamain à son épée, et sortit du palais, en proférant des me-naces.

Cet incident alarma Bacon . Il décida tout aussitôt, à partlui, de faire un voyage sur le continent, pour ne pas être mêléà la catastrophe qui allait éclater. Il réussit pourtant à récon-cilier, une fois encore, les deux amants.

LIrlande était alors en pleine insurrection. Essex reçutlordre daller combattre les rebelles, avec le titre de gouver-neur du pays. Mais il trompa la confiance de sa souveraine.