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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

monde, et comme le roi lui-même. A la cour de Jacques I er , laconcussion, devenue une habitude générale, nétait pas consi-dérée comme un crime. Seulement on avait voulu cette foisfaire un exemple, et Bacon paya pour tous.

Les juges avaient compté sur la bienveillance du roi pouradoucir le jugement. Bacon ne resta, en effet, que deux joursen prison, et on lui'fit remise de lamende des 40,000 livressterling. Il se retira dans sa terre de Gorhambury, il vécuten exil, obsédant la cour de ses sollicitations inutiles. Il seregardait comme une victime immolée aux intérêts de Buckin­ gham et à ceux du roi. Il se comparait à Sénèque , à Démosthène ,qui avaient été exilés comme lui pour des affaires dargent,mais qui furent, plus tard, solennellement réhabilités.

Le roi finit par se laisser fléchir. Il permit à Bacon de ren-trer dans la vie politique; mais ce dernier nosa jamais profiterde lautorisation du roi. Une pension, jointe à dautres res-sources, portait encore à une somme équivalente à GO,000 francsde notre monnaie ses revenus annuels; mais le luxe qu'il con-tinua dafficher et la mauvaise gestion de ses affaires par safemme, entraînèrent sa ruine. Il se vit obligé de céder Yorh-Ilouse au duc de Buckingham, et demprunter sur sa terre deGorhambury. Dès lors, il vécut tantôt chez le mari dune deses nièces, tantôt dans son ancien appartement de Gray's-Inn,auquel il avait toujours droit comme membre de cette corpo-ration. Ainsi sétait réalisée la prédiction de son collègue assis-tant à son déménagement pour Westminster !

Le luxe effréné de Bacon était plutôt provoqué par sa vanitéet son désir dostentation, que par ses goûts personnels. Sesfolles dissipations tenaient à son imagination ardente, quesurexcitait une aveugle vanité. Il était toujours entouré duncortège de parasites, qui vivaient et senrichissaient à sesdépens. Au lieu de regarder autour de lui , ce sont ses propresexpressions, il regardait au-dessus de lui. Cest ce qui lempê-cha de voir labîme ouvert sous ses pas, et dans lequel il tomba,avec son honneur.

Le chancelier déchu essaya de se consoler de ses disgrâces,en reprenant, au milieu de ses amis, ses études favorites. Ilpublia dabord Y Histoire du régné de Henri VII , ouvrage inté-ressant, mais plein de réticences. Parmi dautres écrits quil