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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
Le malheureux Bacon finit par perdre courage. Une épidémiequi sévit à Londres , en 1625, l’atteignit. Il guérit de cette mala-die, mais il 11 e recouvra plus ses forces.
Il mourut victime de sa curiosité scientifique. Un jour,comme il se promenait en voiture, avec le docteur Witherborne,médecin du roi, la neige vint A tomber. Les deux savants semirent à parler des propriétés conservatrices de la glace, etBacon voulut soumettre, sans plus tarder, le fait à l'expérience.
Il descendit de voiture, acheta une poule et se mit à la farcirde neige. En faisant cette opération, il se sentit tout à coupsaisi par le froid, et fut obligé de demander l’hospitalité dansune maison située sur la route de Saint-Albans, et appartenantau comte Arundel . Il y mourut au bout d’une semaine, le9 avril 1626, entouré des gens de lord Arundel . Il avaitsoixante-cinq ans.
Selon son désir, on l'enterra dans l’église de Saint-Michel,près de Saint-Albans , à côté de sa mère. Son cousin, sir Tho-mas Meauthys, lui fit ériger un monument de marbre.
On trouva dans son testament des legs en faveur de tous sesamis; il n’avait même pas oublié lady Ilalton, la femme de Coke .et ses deux enfants. Il avait fait d’abord quelques dispositionsen faveur de sa femme; mais il les révoqua dans un codicille, fourde grandes et justes causes. Sa femme (elle se maria plus tardavec un huissier) avait en partie causé sa ruine, par sa légéreté.
Bacon instituait, par son testament, deux chaires de philo-sophie naturelle à Cambridge et à Oxford ; mais les fonds dela succession furent insuffisants pour en faire les frais : il secroyait toujours plus riche qu’il 11 e l’était.
Un passage de son testament, où il s’adresse à la postérité,est un mélange de fierté et d’humilité, qui peint bien son ca-ractère : « Je lègue mon nom et ma mémoire aux discours deshommes charitables, aux nations étrangères et aux âges futurs. »
III