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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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FRANÇOIS BACON

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dernier, cest, la conviction davoir trouvé et prononcé laparole magique, attendue par son siècle, et qui devait être lesignal du développement scientifique des temps avenir. Cetteconviction perce déjà dans le titre de son premier écrit philo-sophique : De interpretatione naturæ. Elle est exprimée ungrand nombre de fois dans ses autres écrits, avec une forcetoujours croissante, comme une de ces prévisions que le tempsna fait que confirmer. Donner à lesprit humain des instru-ments nouveaux et plus sûrs, pour arriver à la connaissance dela vérité ; augmenter les forces de lintelligence, en les dirigeant'lune manière méthodique ; approfondir les mystères de lacréation, et fonder la puissance et le bonheur de lhomme surla pénétration des secrets de la nature; voilà la pensée géné-rale qui a engendré l Instav.ralio magna.

Nous avons déjà fait connaître lordonnance de ce grandouvrage, dont Bacon ne put terminer qu'une faible partie. Lapremière section, intitulée De dignitate et augmentis scientia-riim, est une sorte de discours philosophique sur toutes lesbranches des connaissances humaines. Bacon distingue troisfacultés de lesprit : la mémoire, limagination et la raison,division qui a été plus tard développée par dAlembert et parDiderot . Conformément à cette division, il partage les sciencesen histoire, poésie et philosophie. Mais il saperçoit quil y aencore dans la science, telle quelle existait alors, des lacunes àremplir ; il indique des terrains, encore inexplorés, quil recom-mande aux générations futures : ce sont les desiderata.

Il faut sarrêter un moment pour faire bien comprendreBacon , dans ses rapports avec la science de son temps. Lequinzième siècle avait donné au monde lAmérique , lart delimprimerie, la boussole, le télescope. Ces découvertes étaientles sources dune puissance toute nouvelle et de richesses ines-pérées ; elles ouvraient des horizons jusque- inconnus, et enmême temps, posaient au génie de lhomme des problèmes nou-veaux. Mais pour explorer le domaine ainsi agrandi de la science,et pour sen rendre maître, il fallait avant tout se dégager desentraves de la philosophie scolastique. Cest ce que Bacon avait compris de bonne heure, cest-à-dire dès le temps ilsiégeait comme élève sur les bancs de lUniversité de Cambridge ,et pendant sa vie entière, il eut en vue la ruine de la philosophie