HARVEY
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que Guillaume Harvey passa d’abord en France , puis se renditen Allemagne , enfin à Padoue .
A cette époque professaient à Padoue des savants pleins degloire. Casseri occupait la chaire de chirurgie ; le célèbreFabrice d’Aquapendente, par ses remarquables leçons sur l'ana-tomie, surpassait encore son illustre prédécesseur Fallope , etMinadœus, dont le nom est aujourd’hui oublié, comme celuide tous les professeurs dont l’enseignement n’a été qu’oral,enseignait dans la même Université la médecine pratique. C’estsous la direction de ces trois maîtres, qu’Harvey termina sesétudes médicales. Il reçut à Padoue , à l’âge de vingt-quatreans, le bonnet de docteur, et revint en Angleterre après cinqans d’absence.
Voulant donner une grande marque de déférence à l’Univer sité de Cambridge , Guillaume Harvey se fit recevoir, de nou-veau, docteur dans cette Faculté. Il se décida à fixer sa rési-dence à Londres .
Peu de temps après son établissement dans la métropole, ilépousa la fille de Lancelot Brown , médecin praticien très-répandu. Son talent le fit bientôt remarquer; et en 1004, leCollège des médecins de Londres l’appela dans son sein.
Nommé bientôt médecin adjoint de l’hôpital Saint-Barthé-lemy, Guillaume Harvey obtint, pendant la même année, laplace de médecin en chef de cet établissement. Des le com-mencement de sa carrière, ses relations d’amitié avec sirThomas Howard , comte d’Arundel , lui procurèrent une clien-tèle nombreuse, composée des hommes les plus éminents del’Angleterre. Le chancelier François Bacon, qui avait eu l’oc-casion d’apprécier son mérite, et qui lui porta toujours unegrande amitié, le fit nommer médecin extraordinaire deJacques I er . Le successeur de Jacques I er , l’infortuné Charles I er ,continua à Harvey la confiance dont son père l’avait honoré.
Guillaume Harvey obtint la chaire d’anatomie et de chirur-gie au Collège des médecins de Londres .
Malgré les occupations incessantes que lui causaient lessoins d’une clientèle nombreuse, joints à ceux de l’enseigne-ment public, Harvey trouva le temps de se livrer à des re-cherches scientifiques. Les théories admises à cette époque, surla circulation du sang, ne satisfaisaient pas son esprit, et il réso-