HARVEY
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communications entre les différents pays étaient alors rares eidifficiles.
Quelques auteurs, tels que Isidore Geoffroy Saint-Hilaire et Flourens, ont voulu attribuer à Césalpin non-seulementla description de la circulation pulmonaire, mais encorecelle de la grande circulation. Les preuves à l’appui de cetteopinion nous semblent bien insuffisantes pour-enlever à Guil-laume Harvey son plus beau titre de gloire. Sur quoi se fondeen effet cette revendication? Sur un passage que l’on trouvedans le livre de Césalpin , De Plantis, ouvrage qui ne traiteguère que de botanique et de la classification des végétaux.Voici le passage dont il s’agit, que nous traduisons du latin :
« Nous voyons dans les animaux l'aliment être conduit par les veinesau cœur, comme à l'officine de la chaleur. Lorsqu’il a reçu sa dernièreperfection, il est distribué dans tout le corps parles artères. »
Il faut d’abord chercher ce que Césalpin veut dire par le motaliment. On en. trouve la signification dans un autre de sesouvrages, qui fut publié à Venise dix ans plus tard, et qui a pourtitre De quœstionimmedicarum, etc. Le botaniste de Pise entendpar aliment ce que l’on entendait alors, c’est-à-dire le sangvenant du foie. .Ainsi, de même que Servet, Césalpin savait quel’ aliment, ou le sang venant du foie, ne traverse pas le cœurpour passer du ventricule droit dans le ventricule gauche, parun trou percé dans la cloison interventriculaire ; mais qu’il serend du ventricule droit du cœur dans le circuit pulmonaire ;cependant il ne soupçonna jamais l'existence de la grande cir-culation. Césalpin , dit-on, a parlé de la communication desartères avec les veines. Sans doute, mais il a parlé de ce phéno-mène, comme l’avait fait Galien , en ne le considérant quecomme un accident qui ne peut se produire que pendant lesommeil. Césalpin admet toujours, comme Galien , deux sys-tèmes veineux et artériel, totalement distincts l’un del’autre.
Une découverte qui contribua plus positivement à faciliterles recherches de Harvey, fut celle des valvules des veines, dueà Fabrice d’Aquapendente. Le célèbre professeur d’anatomiede Padoue , signala, en 1574, l'existence, dans les veines, de