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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
Harvey publia, eu réponse aux attaques de Riolan, un mé-moire, qui était la confirmation et le complément de son livre.C’est une réfutation méthodique de toutes les critiques quiavaient été dirigées jusqu’à ce moment contre sa décou-verte.
Riolan se tira assez mal de ces discussions. A} r ant été priéd’assister à des expériences tout à fait probantes, et qui faisaienttoucher du doigt, pour ainsi dire, le phénomène de la circula-tion du sang, il ne voulut pas avouer son erreur, et s’écria,dit-on: Non, le sang ne circule pas, si ce n’est par accident. »(Mon circulatur, nisi per accidens). Cette réponse met à nu legenre d’opposition que l’on dirigeait contre les travaux de Har-vey : c’était la négation de parti pris.
Le successeur de Riolan à la Faculté de Paris, Guy Patin ,marcha dans les mômes voies que son prédécesseur. Il ne lais-sait échapper aucune occasion de décocher quelque trait de sonesprit mordant contre l’inventeur de la circulation du sang.On aime à vanter, comme très-spirituelles, les boutades deGuy Patin contre les partisans de la circulation. Quant ànous, elles nous ont toujours paru froides et sans portée. L’es-prit ne peut briller là où le bon sens fait défaut. S’il est vraiqu’en France le ridicule soit une arme redoutable, il est vraiaussi que le trait qui tombe à faux, ricoche et vient frapper leplaisant mal inspiré. Guy Patin , en voulant tourner à ridiculela nouvelle découverte, ne fit que prêter à rire à ses dépens.C’est Guy Patin que Molière a dépeint, dans son Malade ima-ginaire, sous les traits de Diafoirus.
a Ce qui me plaît en lui, dit Diafoirus, et ce en quoi il suit monexemple, c’est qu'il s’attache aveuglément aux opinions de nos anciens,et qu’il n’a jamais voulu comprendre ni écouter les raisons et les expé-riences touchant la circulation du sang et autres opinions de mêmefarine! »
Voilà le véritable Guy Patin .
Harvey, qui venait d'ètre vengé de Guy Patin par Molière ,fut vengé à la Faculté par Boileau , dans son Arrêt burlesque.
Gassendi , qui, dans cette occasion, aurait mieux fait de setaire que de raisonner sur des questions qu’il ne connaissaitpas, prit aussi la plume contre Harvey. En revanche, le plus