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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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HARVEY

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tait des prétentions fort mal fondées. Voici son argument prin-cipal. « Si le ventricule gauche est chargé d'envoyer toute lamasse du sang dans les organes, pour les nourrir, comment sefait-il que le ventricule gauche ait une capacité moindreque le ventricule droit, qui n'a que le poumon à nourrir? » Pa-risiani ne connaissait que la théorie de Galien . Il croyait en-core que le sang veineux se dirige vers les poumons, unique-ment pour les nourrir. A lignorance, il ajoutait la mauvaisefoi. Harvey avait dit : « Quand on applique loreille sur larégion précordiale dun homme, on entend des bruits, si lon yplace la main on sent un choc. » Parisiani répond, avec désin-volture : « A Londres cela est possible, mais en Italie cestautre chose ; il paraît que nous sommes un peu sourds ici, carnous nentendons absolument rien. »

De tels adversaires ne méritaient pas une réponse de Harvey.Ce fut le docteur Ent, son élève et son ami, qui se chargea defaire justice des dires présomptueux de Parisiani.

Un adversaire autrement sérieux que les précédents fut lecélèbre Riolan, doyen de la Faculté de Paris, et que lonnommait de son temps le prince des anatomistes. Riolan,comme médecin de Marie de Médicis , avait été appelé àsuivre en Angleterre sa royale cliente, pendant le voyageque fît cette princesse pour aller rendre visite à sa fille Hen-riette, épouse de Charles I er , et il avait été mis alors en rela-tion avec Harvey. Or, il navàit trouvé aucune observation à luifaire lorsque le savant anglais lui exposa ses idées sur la cir-culation. Cette approbation tacite contrastait avec la violencedes attaques que Riolan dirigea plus tard contre lauteur de lanouvelle découverte.

Dans le premier chapitre de son ouvrage, Riolan traite defausses et dabsurdes les idées de Ilarvey. Cet avant-proposdonne une idée de lurbanité qui règne dans tout louvrage.Non-seulement Riolan ne veut pas admettre la grande circu-lation, mais encore, se retranchant derrière Galien , il nielexistence de la petite circulation, qui était pourtant alorsadmise par tout le monde. Il met en suspicion les expériencesde Harvey, vu la difficulté quelles ont présenter. « Les mou-vements du cœur, dit-il, se font avec la rapidité de la foudre.Dieu seul sait ce qui se passe dans notre cœur. »