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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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TOURNEFORT

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fois il rentra au college les vêtements mis en lambeaux parla morsure des chiens, ou le corps meurtri par les pierresdont les paysans lavaient poursuivi dans sa fuite. Ces mésa-ventures narrêtaient pas son ardeur, si bien que le jeune éco-lier fut bientôt en état de connaître parfaitement toute laflore des environs dAix .

Malgré les fréquentes distractions que lui causait létudedes plantes, Joseph Pitton de Tournefort fit de bonnes études,et acheva avec honneur'ses humanités. Arrivé à la classe dephilosophie, il goûta peu la science quon lui présentait. Dansla philosophie scolastique, quon enseignait alors partout, sonesprit, droit et positif, cherchait en vain un reflet de la nature,quil aimait tant à observer. Il aurait voulu des faits, et nonles vaines hypothèses des sectateurs dAristote .

Un jour, comme il cherchait un volume dans la bibliothèquede son père, il tomba sur un livre quil lut aussitôt avec en-traînement, tout surpris dy trouver une doctrine philosophiquenouvelle, qui le subjuguait, et qui ne ressemblait en rien à cellequi était professée dans son collège. Absorbé par cette lecture,il ne fit pas attention à larrivée de son père. Celui-ci le répri-manda, et lui défendit la lecture de cet ouvrage. Mais lesobstacles ne firent quirriter la curiosité du jeune homme, quiprofitait de toutes les occasions pour reprendre le livre. Il seretirait seul dans les lieux écartés, pour y jouir de sa lecturefavorite. Ce livre était le traité philosophique de Descartes (1).

Cependant, Joseph de Tournefort était arrivé à lâge de sechoisir une ('.arrière. Comme cadet de famille il devait, selonles coutumes du temps, entrer dans les ordres. Son père len-voya donc au séminaire dAix , pour y commencer ses étudesthéologiques. Bien que le jeune Tournefort ressentit une aver-sion profonde pour létat ecclésiastique, il consentit à entrer auséminaire, pour obéir aux vœux de ses parents2). Mais il na-bandonna pas, pour cela, la botanique, son étude favorite. Ilfaisait de fréquentes visites au jardin dun pharmacien dAix ,qui possédait quelques plantes curieuses. Souvent il pous-sait ses excursions jusquà plusieurs lieues de la ville. Daprès

(1) Savérien , Histoire des philosophes modernes, in-12, p. 119 ^Tournefort'.

(2) Michaud, Biographie universelle.