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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
le conseil d’an de ses oncles paternels, médecin estimé, il joi-gnit à l’étude de la botanique celles de la chimie, de la physiqueet de la médecine.
La mort de son père vint le surprendre, en 1G77, au milieude ces études diverses. Libre de ses actions, il se décida aussitôtà abandonner la théologie, pour se livrer tout entier aux étudesscientifiques.
Tournefort savait très-bien que la botanique n’est pas unescience de cabinet, et qu’il faut l’étudier au sein de la nature.Dès l’année 1G78, il entreprit un voyage dans les montagnesdu Dauphiné et de la Savoie . Ce voyage fut heureux, car notrejeune botaniste en rapporta une ample moisson de plantes, quicommencèrent à composer son herbier.
Les voyages botaniques étaient très-utiles à son instruction,mais ils étaient loin d’augmenter ses revenus, fort légers,comme ceux de tout cadet de famille. Tournefort résolutd'embrasser la profession de médecin ; et il se rendit à Mont pellier , dont l’école jouissait alors d’une grande et juste re-nommée.
Tout en suivant le cours de médecine, il ne délaissait pasla botanique. Henri IV avait fait établir à Montpellier , lepremier jardin de botanique qui ait été vu en France , et lejeune Tournefort y trouvait ample matière à ses études. Bientôtce champ, purement scientifique, ne lui suffit plus ; et il com-mença des courses dans tous les environs de la ville. Il lespoussait quelquefois jusqu’à dix lieues à la ronde.
Linné a appelé la campagne de Montpellier , le paradis desbotanistes. De nos jours la culture de la vigne a supprimé ceparadis, en faisant disparaître à jamais les vallées et les boisqui avaient fait l’antique réputation de cette station botanique.Mais au temps de Tournefort, les environs de Montpellier n’a-vaient pas encore souffert cette déplorable invasion de l’in-dustrie agricole; le jeune savant put donc s’y familiariser avecles productions variées de la flore méridionale.
Après deux ans de séjour à Montpellier , Tournefort quittacette ville, au mois d’avril 1681 : il se dirigeait vers Barcelone.La réputation qu’il s’était faite comme botaniste pendant sonséjour à Montpellier décida un grand nombre de jeunes étu-diants et de médecins à l’accompagner dans ce voyage, pour