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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIÈCLE

encore sortie du domaine purement scientifique. Ce livre, in-titulé Éléments de botanique, ou Méthode pour connaître lesplantes, parut en 1694, et porta à son plus haut degré la répu-tation de Tournefort.

Les Éléments de botanique se composent de trois volumes.Le premier contient la préface et l'exposé de sa méthode declassification. Les deux autres volumes forment un atlas, quiréunit 451 figures de fleurs, dessins fort soignés, et dus aucrayon du célèbre peintre miniaturiste, Aubriet. Contrairementaux usages, Tournefort avait écrit cet ouvrage en français , afinde vulgariser la connaissance des plantes. Cependant, pour quesa lecture fût possible aux savants de tous les pays, il en fit unetraduction latine, sous ce titre : Institutiones rei herbariæ. Cetteédition est accompagnée dune préface, qui contient un exposédes principes généraux de la science, et une histoire abrégéede la botanique.

Ce qu'il y a de plus important dans le livre de Tournefort,cest un essai de classification des plantes. Avant Tournefort,la plupart des auteurs se taisaient sur la classification. Lesmeilleurs botanistes, tels que l'Ecluse , Lobel, avaient reculé de-vant une tâche aussi difficile. Lobel, par ses figures qui accom-pagnent son ouvrage, lÉcluse, par ses excellentes descriptions,avaient rendu de grands services en faisant connaître une foulede plantes ; mais on ne trouvait dans leurs ouvrages aucuneméthode de classification, condition fondamentale de la cons-titution d'une science.

11 y avait eu pourtant plusieurs essais de classification.Gesner avait essayé détablir des genres, daprès la consi-dération de la fleur et du fruit, et Césalpin avait fait, sous cerapport, une tentative vraiment importante. Dans son livreDe plantis, publié en 1583, Césalpin expose une classificationméthodique, fondée sur la considération du fruit. Morisson con-tinua lœuvre de Césalpin , tout en paraissant ignorer lou-vrage du savant italien. Il décrivit très-bien le groupe desOmbellifères, en se fondant sur la forme du fruit; il fit mêmeparfaitement sentir limportance des affinités naturelles. Maissa classification reposait sur des organes trop peu importants.Ray, éminent botaniste anglais , avait également essayé deposer des règles pour la distribution des plantes ; mais sa-