TOURNEFORT
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n’est que le développement des principes énoncés dans lesEléments de Botanique. Cette controverse se maintint, d’ail-leurs, dans les limites parfaites des convenances scientifiques.
Un autre botaniste, Collet, accusa Tournefort de plagiat, enprétendant que ses Eléments de Botanique n’étaient qu’unabrégé de Y Histoire des plantes de Ra}'. Sous le pseudonymede Chomel, Tournefort fit justice de cette calomnie, en pu-bliant en regard les deux méthodes, dont on apercevait toutela dissemblance à la simple lecture des deux systèmes.
Tournefort était vivement pressé par ses amis de se faire re-cevoir docteur en médecine à la Faculté de Paris. Il se pré-senta, en 1098, pour obtenir ce grade, et sa réception fut en-tourée d'un grand appareil. Fagon , médecin du roi, voulutprésider lui-même le jury devant lequel le célèbre botanistevint soutenir sa thèse, intitulée : An morborum curatio ad■mechanice leges referenda'l question qu'il résolut affirmati-vement.
Tournefort publia, l'année suivante, Y Histoire des plantes quinaissent aux environs de Paris, avec leur usage dans la mé-decine. Cet ouvrage, qui est divisé en herborisations ( Herbo-risation au bois de Boulogne, a la porte de la Conférence, etc.),fut considéré comme un chef-d’œuvre.
« Personne, dit Bernard de J ussieu, n’avait trouvé, avant Tournefort, lemoyen de réunir dans un petit volume la manière de connaître les [liantespar herborisation ; l'indication, la critique des auteurs qui en ont donnéles figures et qui les ont décrites; le modèle de la manière la plus exacteet la plus concise de les décrire soi-même; l’examen des principes dontelles sont composées, fondé sur des analyses faites avec soin ; les obser-vations sur les expériences de l'action de leurs sucs sur différents corps,et leurs usages prouvés par des raisonnements physiques et appuyés desautorités les [dus reçues. »
Toucnetort fit aussi des études de physiologie végétale. Ildécouvrit, à l’aide du microscope, l’existence, dans les racineset les tiges des plantes, de vaisseaux, qu’il compara aux ar-tères des animaux, et par lesquels s’élèvent et descendent, dans1 intérieur du végétal, les sucs nourriciers. Il découvrit aussiles trachées (vaisseaux repliés sur eux-mêmes), qui serventà la nutrition de la plante, en distribuant l'air dans les petitscanaux'en zigzag qui les composenl.