TOURNEFORT
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deur de leurs ancêtres. Il ne reste du temple de Diane, quequelques colonnes et quelques bas-reliefs.
Après cette excursion, Tournefort revint à Smyrne , le25 mars. Son intention était de s’embarquer pour l’Égypte ;mais la peste qui désolait ce pays, le força à renoncer à ceprojet, et le décida à revenir en France . Il s’embarqua donc,le 13 avril, sur un navire qui le conduisit à Livourne , après40 jours de mer. De là, il se rembarqua sur une felouque,pour Marseille , où il arriva le 3 juin 1702, après une absencede deux années.
Des documents précieux sur les mœurs, les lois, la religion despeuples de l'Orient, la description très-complète des monumentsarchéologiques, et surtout la découverte de 1356 plantes, jusque-là inconnues, tels furent les résultats de ce mémorable voyage.
De retour à Paris , Tournefort se hâta de mettre en ordre lesriches matériaux qu'il rapportait, et il commença la rédactionde son Voyage du, Levant , un des ouvrages les plus intéressantsde notre littérature.
Tournefort aurait voulu reprendre l’exercice de la médecineà Paris ; mais après une si longue absence, il ne pouvait seflatter de retrouver son ancienne clientèle. La place de pro-fesseur au Collège royal de médecine fut la récompense de sestravaux et de son courage.
Ses nouvelles fonctions de professeur au Collège de médecineétaient venues s’ajouter à ses devoirs d’académicien et deprofesseur de botanique au Jardin du roi. Il avait donc peine àsuffire à tant d’occupations. Son voyage en Orient avait, d’ail-leurs, exercé sur sa santé une influence funeste.. Sans êtreréellement malade, il dépérissait de jour en jour. L’excès dutravail qu’il s’imposait pour la rédaction et l’impression de sonVoyage du Levant dépassait ses forces. Il était déjà malade,lorsqu’un accident vint hâter sa fin. Comme il remontait unsoir la rue Copeau (aujourd'hui rue Lacépède), portant sous sonbras un paquet de plantes qu’il avait prises au Jardin du roi, ilfut atteint, à la poitrine, par l’essieu d’une charrette, que l’ob-scurité l’avait empêché de voir. Relevé et conduit chez lui, ilfut pris d’une hémorrhagie considérable. Le 28 décembre 170S,Pitton de Tournefort mourut, après un mois de souffrances. Ilétait âgé de cinquante-trois ans.