318
SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
Il quitta la capitale de la Géorgie , le 20 juillet, pour allervisiter une vallée célèbre qui s’étend entre les sources de l'Eu phrate , du Phase et de l’Aras, et dans laquelle la traditionplace le paradis terrestre de la Genèse. Cette vallée magni-fique, qui produit les fruits les plus délicieux, se nomme lesTrois-Eglises.
Le mont Ararat est situé à peu de distance de ce lieu. Tour-nefort voulut faire l’ascension de cette montagne célèbre. Cetteascension fut très-pénible, à cause des rochers escarpés qui sedressent sur toute la montagne, et des dangereux précipicesqui s’ouvrent à chaque pas. Après deux jours de fatigues,Tournefort n’était pas encore parvenu au sommet de l’Ararat .Il se vit forcé de redescendre, sous peine de passer la nuit enplein air, et de devenir la proie des bêtes fauve.», que l’on aper-cevait rôdant à une certaine distance. Il n’eut même pas lasatisfaction de rapporter quelques plantes, car il n’en avait ren-contré que de très-eoimnunes.
Après avoir réparé ses forces au village des Trois-Eglises,il repartit pour Erzeroum . En se rendant dans cette ville, ilfaillit se noyer, en tombant, avec son cheval, dans un marais.Accompagné d’une escorte capable d’en imposer aux Kurdesqui campaient dans les environs, il revint sans encombre, le29 août, dans la capitale de l’Arménie . II fut forcé d’y resterquelque temps, en attendant le départ d’une caravane qui devaitle conduire à Angora et à Smyrne .
Le 1 er septembre il se mit en route, et arriva, après un moisde voyage, à Angora. De là il se dirigea vers Pruse (Brousse).Cette ville, l’ancienne capitale de la Bithynie , est située à peude distance du mont Olympe . Tournefort parcourut cette mon-tagne, si renommée dans les souvenirs de l’antiquité grecque.Enfin, le 18 décembre, il arriva à Smyrne , l’une des plusgrandes et des plus riches villes de l’Orient .
Le port de Smyrne est le rendez-vous de tout le commercede l’Orient, et l’entrepôt de toutes les marchandises. Éphèse se trouvant à peu de distance, Tournefort voulut aller visiter laville de Diane.
Cette cité, autrefois si riche, n’est plus qu’une triste bour-gade, habitée par huit ou dix familles grecques, qui logent aumilieu des ruines des temples et des palais, débris de la splen-