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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
morale de son fils. On lit dans la biographie latine placée entête des œuvres de Ilur’gens :
« Christian Huygens passa sa vie entière dans les études mathéma-tiques, non pas exclusivement livré aux parties purement spéculativesde la science, mais occupé aussi à rapporter aux usages de la vie ce queles théories ont de. plus délicat. C’est à ce genre d’étude qu’on le vit s’ap-pliquer, dès son enfance, ayant à peine atteint l'âge de neuf ans. On levit, sous la direction de son père, faire des progrès étonnants dans lamusique, dans l’arithmétique, dans la géographie, èt, en même temps,étudier avec application les lettres grecques et latines (1). i>
Par l’attention persévérante qu’il donnait à des machinesqu’il tâchait d’imiter aussi exactement que son âge le permet-tait, il montra, à l’âge de treize ans, combien son génie étaitpropre à la mécanique, science à laquelle il se livra par la suiteavec tant de succès (2).
A l’âge de quinze ans (en 1G44), il aborda l’étude des mathé-matiques. Il eut pour professeur dans cette science un mathé-maticien belge, nommé Stampioen . Ce Stampioen pouvaitn’ëtre, comme Descartes le fait entendre, qu’un médiocre ma-thématicien , sans être cependant tout à fait dépourvu demérite comme professeur; car, au point de vue de l’enseigne-ment, ce qui importe, c’est bien moins la grande érudition quel’excellence de la méthode. Le docteur Hoefer aurait pu, dansson article biographique sur Huygens (3), s’abstenir, sansinconvénient, de parler du témoignage peu favorable laissépar Descartes sur Stampioen . À la vérité, dans l’article (signéMaurice) de la Biographie universelle de Michaud, il est faitégalement mention de l’opinion défavorable exprimée parDescartes sur Stampioen ; mais le rédacteur, plus équitable,ajoute que ce professeur fit faire en peu de temps de grandsprogrès à son élève. » On sait, d’ailleurs, que Descartes ,dans des moments d’humeur, était quelquefois prompt à por-
(1) « In studiis mathematicis integram consumpsit vitam, non tantum speculatio-mbus deditus, sed harmn disciplinarum subtilissima ad vitæ usum referens. Ab ipsainfantia liuic studio applicavit animum; vix natus annos novem, ipso pâtre duce, inmusicis, arithmeticis, geograpliieis, miros et vix credibiles progressif focit, latiniset gnecis litteris intérim animum appiicans. « (Ilugenii via, Opéra varia , t. I ep .)
(2) a Anno ætatis decimo tertio, quum ingenium studio mechanices esset aptum,quod tanta deinde hominum utilitate excoluit, in exauiinandis machinis, hasque,auantum infanti liceat, imitando demonstravit. »