HUYGEN3
323
ter contre ses adversaires des jugements défavorables, maissur lesquels il revenait facilement, quand on lui montrait qu’ils’était trompé. C’est ce qui lui était arrivé à l’égard de Fer mât , et le grand géomètre toulousain avait alors répondu:« M. Descartes ne saurait m'estimer si peu, que je ne m’estimeencore moins (1). » Lorsque Descartes connut mieux Fermât ,il lui écrivit « qu’il honorait extrêmement son mérite, et qu’ilavait reçu avec joie la lettre par laquelle le mathémati-cien de Toulouse lui faisait la faveur de lui promettre sonamitié. »
Si Descartes eût pu mieux connaître Stampioen , peut-êtreeùt-il trouvé que le mathématicien belge était, sinon un grandgéomètre, du moins un habile professeur. Tous les savantsdont les noms sont restés dans le domaine de l'histoire doiventêtre jugés avec une égale impartialité. Mais revenons àIluygens.
A l’âge de seize ans, il fut envoyé à l’Université de Leyde.Là il suivit le cours de Vinnius sur Y explication du droitcivil, tout en continuant, sous le professeur Schoten , ses étudesmathématiques. Il donna dès lors la preuve qu’il était né avecun génie capable de se plier aux études les plus variées, carbientôt il acquit, parmi les mathématiciens, une réputation bienau-dessus de son âge (2).
Il suivit aussi, pendant les années 164G, 1G47 et 1648, descours de droit à Bréda (ville des Pays-Bas ), profitant des avan-tages que lui offrait une école nouvellement instituée et déjàcélèbre, dont la direction avait été, en partie, confiée à son père,Constantin Huygens .
L’année suivante, c’est-à-dire en 1649, il retourna à La Haye ,d’où il partit bientôt, pour suivre le comte de Nassau, chargéd’une mission politique. 11 visita, avec ce diplomate, le Holsteinet le Danemark. Son grand désir eut été de continuer sa routejusqu’en Suède , pour voir Descartes , qui s’y trouvait alors;mais cela lui fut impossible, parce que le comte de Nassau,
(1) Lettre au P. Mersenne.
(2) « Sequenti anno Academiam petiit quæ Leidæ est apud Batavos. Ibi Vinnium juscivile explicantem audivit, et magistro Schotenio studium matheseos continuavit,ingeniique ad liæc studia nati varia tune temporis dédit specimina ; brevique famaruinter matbeinaticos, annos superantem, acquisivit. b (Hugenii vita.)